Le Maroc et la Norvège ont signé mardi un accord visant à établir un cadre de coopération pour le développement d’approches collaboratives fondées sur les mécanismes de marché prévus par l’Article 6.2 de l’Accord de Paris sur le Climat.
Cet accord a été signé par la ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, Leila Benali, et le ministre norvégien du Climat et de l’Environnement, Andreas Bjelland Eriksen, lors d’une cérémonie tenue à distance, en présence de l’ambassadrice du Maroc en Norvège, Nabila Freidji, et de l’ambassadeur du Norvège au Maroc, Helge Seland.
Il permet la mise en œuvre de projets conjoints générant des résultats d’atténuation transférés au niveau international (ITMOs), contribuant ainsi à l’atteinte des Contributions Déterminées au niveau national des deux pays, indique un communiqué du ministère de la Transition énergétique et du Développement durable.
Dans le cadre de cet accord, les deux parties ambitionnent de mettre en œuvre le programme GBI -Generation Based Incentive (Incitation basée sur le résultat), visant à soutenir le déploiement d’environ 2GW de capacité installée en énergies renouvelables incluant également des solutions de stockage par batteries, sur une période de 10 ans (2026–2036).
Il cible en particulier les projets d’énergies renouvelables les plus complexes ou les moins rentables qui ne pourraient pas être réalisés sans un appui financier additionnel du marché carbone.
Le programme permettra d’éviter 9 à 10 millions de tonnes d’émissions de CO2 d’ici 2030, tout en contribuant à la mobilisation des financements climatiques, au renforcement de l’attractivité des investissements verts ainsi que le transfert de technologies et la création d’emplois.
D'après la même source, les réductions d’émissions générées dans ce cadre pourront, le cas échéant, être transférées à la Norvège sous forme d’ITMOs conformément aux dispositions de l’Article 6 de l’Accord de Paris, contribuant ainsi à la mise en œuvre des engagements climatiques des deux pays et aux efforts internationaux d’atténuation de lutte contre le changement climatique.
Lors de la signature de cet accord, Mme Benali a souligné que cette initiative confirme l’engagement à long terme du Maroc et de la Norvège sur les questions climatiques, malgré un contexte international très instable.
Évoquant à cet égard, l’ambition climatique du Maroc, telle que reflétée dans sa CDN3.0 qui vise une réduction de 53 % des émissions de GES à l’horizon 2035, la ministre a également précisé que ce partenariat repose sur un engagement initial de 100 millions de dollars de financement carbone, avec un potentiel de mobilisation pouvant dépasser 600 millions de dollars, à travers des mécanismes de paiements fondés sur les résultats.
De son côté, le ministre norvégien a souligné le "besoin de plus de coopération entre les pays pour réduire les émissions mondiales", notant que "la Norvège et le Maroc s’associent pour mettre en place un programme qui augmentera la production d’énergie renouvelable au Maroc tout en attirant des investissements et en créant des emplois".
Ce programme permettra de réduire les émissions, qui pourront ensuite être transférées à la Norvège sous forme de crédits carbone, a-t-il fait observer.
Il convient de rappeler que cet accord s’inscrit dans la dynamique de mise en œuvre des engagements du Maroc en matière de coopération climatique. Dans ce cadre, le Maroc a déjà conclu des accords et MoU avec plusieurs pays pour l’opérationnalisation de l’Article 6.2 de l’Accord de Paris, en vue de promouvoir la réalisation de projets conjoints, le transfert de technologies et la mobilisation du financement climatique.
Cet accord reflète une vision commune visant à renforcer la coopération climatique fondée sur la confiance, et à traduire l’ambition en mécanismes concrets contribuant à la réduction des émissions et au soutien du développement durable, conclut le communiqué.
MAP
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