Lors d’une conférence-débat à la Florida International University (FIU), à Miami, l’ambassadeur du Maroc aux Etats-Unis, Youssef Amrani, a souligné que le Royaume, bien plus qu’un carrefour entre les continents, cherche à "contribuer aux solutions, saisir les opportunités et prendre toute sa place dans les grandes transformations que connaît le monde".
"Notre géographie a façonné notre histoire, mais elle ne fixe pas les limites de notre ambition. Le Maroc entend être bien plus qu’un carrefour entre les continents : il veut contribuer aux solutions, saisir les opportunités et prendre toute sa place dans les grandes transformations que connaît le monde", a expliqué M. Amrani devant un parterre de jeunes étudiants américains, d’universitaires et de professeurs de la FIU.
Lors de cette conférence, organisée récemment à la "Steven J. Green School of International & Public Affairs", et animée par son doyen, Dr. Shlomi Dinar, l’ambassadeur a présenté les grandes orientations du Maroc, son rôle sur la scène internationale et les perspectives de développement du partenariat maroco-américain.
Un Maroc fidèle à son identité et tourné vers l’avenir
Interrogé sur ce qui distingue le Maroc dans un monde en pleine mutation, M. Amrani a souligné que le Royaume a su faire de sa position entre l’Afrique, l’Europe, le Monde arabe et l’Atlantique un atout pour le dialogue, l’ouverture et la coopération.
"Sous la conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, cette ouverture s’accompagne d’une transformation profonde de l’économie, du développement d’infrastructures modernes et d’investissements dans l’industrie, l’énergie et la formation", a-t-il souligné lors de cette rencontre, qui s’inscrit également dans le cadre de la première édition des "Morocco Days in Miami", organisée du 22 au 24 octobre à l’initiative du Consulat Général du Royaume du Maroc à Miami.
"Le Maroc ne choisit pas entre tradition et modernité. Il conjugue les deux", a dit l’ambassadeur, estimant que l’attachement à l’identité nationale constitue une force pour préparer l’avenir.
Il a également souligné le rôle grandissant des femmes dans cette évolution. Leur présence dans les universités, les entreprises, la recherche et les institutions publiques témoigne des changements que connaît la société marocaine.
"Leur représentation au Parlement est ainsi passée de deux femmes en 1993 à 107 aujourd’hui", a relevé M. Amrani, notant que cette progression traduit une évolution importante et confirme que la participation des femmes est essentielle au développement du pays.
"On ne peut comprendre le Maroc d’aujourd’hui sans comprendre la place qu’y occupent les femmes. La nomination de Fatima Ezzahra El Mansouri à la tête du gouvernement marocain marque une étape historique dans l’évolution institutionnelle du Maroc", a-t-il dit.
Une économie tournée vers les marchés mondiaux
"Cette transformation se traduit aussi par une ambition économique claire : faire du Maroc une plateforme de production, d’investissement et de création de valeur, capable de relier les marchés et de participer aux grandes chaînes de production internationales", a poursuivi l’ambassadeur.
Dans un contexte où les entreprises recherchent des partenaires fiables, des infrastructures performantes et des chaînes d’approvisionnement sûres, le Royaume dispose d’atouts importants, a-t-il ajouté, soulignant que ces atouts ouvrent de nouvelles perspectives avec les États-Unis.
L’objectif est désormais d’aller au-delà des échanges commerciaux pour développer des projets communs dans la production, l’innovation et l’accès à de nouveaux marchés, a-t-il insisté, rappelant que le Maroc est le seul pays africain à avoir conclu un accord de libre-échange avec Washington.
Faire du développement un levier de stabilité régionale
Abordant les grands enjeux internationaux, M. Amrani a rappelé les principes qui guident la diplomatie marocaine : "des positions claires, des engagements tenus et des partenariats durables".
"Face aux crises et aux tensions géopolitiques, le Maroc défend une conviction simple : la stabilité ne peut durer sans développement économique, sans coopération régionale et sans perspectives pour les populations", a-t-il dit.
Cette approche se traduit notamment par l’engagement du Royaume en Afrique et par l’Initiative Royale visant à faciliter l’accès des pays du Sahel à l’océan Atlantique. L’ambition est de transformer l’enclavement géographique en opportunité économique, en facilitant les interconnexions, en offrant à ces pays de nouvelles possibilités d’accès aux marchés internationaux, a poursuivi l’ambassadeur.
Miami, un pont entre le Maroc, les États-Unis et l’Atlantique
L’ambassadeur a relevé que l’ambition commune du Maroc et des Etats-Unis est de faire de l’excellence de leurs relations politiques et stratégiques "un moteur toujours plus puissant de prospérité économique partagée".
Dans cette perspective, il a mis en avant le rôle que peut jouer le sud de la Floride dans le rapprochement entre les deux pays, en ce sens que Miami constitue une porte d’accès vers l’Amérique latine et les Caraïbes, tandis que le Maroc offre des connexions privilégiées avec l’Afrique, l’Europe et l’espace atlantique.
Cette complémentarité ouvre des possibilités concrètes de coopération économique, a-t-il noté, précisant que la liaison aérienne directe entre Casablanca et Miami, ainsi que le jumelage conclu en 2025 entre Miami-Dade et Casablanca-Settat, peuvent favoriser de nouveaux projets dans le commerce, la logistique, le tourisme, l’innovation et les échanges économiques.
"Pour les entreprises américaines qui regardent vers l’Afrique, le Maroc offre bien davantage qu’une porte d’entrée : il propose un partenaire fiable pour construire, produire et réussir ensemble".
Former une nouvelle génération ouverte sur le monde
En réponse aux questions des étudiants sur l’avenir de la diplomatie, l’ambassadeur a rappelé que celle-ci ne se limite plus aux relations entre gouvernements. Elle se construit aussi dans les entreprises, les universités, les laboratoires de recherche et les secteurs qui façonnent l’économie mondiale.
L’ambassadeur a également insisté sur le rôle des universités dans le rapprochement entre le Maroc et les États-Unis, encourageant le développement des échanges universitaires et de la recherche conjointe, notamment dans les domaines de l’eau, de l’énergie, de la résilience climatique et de l’entrepreneuriat féminin.
"Les gouvernements peuvent conclure des accords, mais ce sont les femmes et les hommes que nous formons aujourd’hui qui leur donneront demain toute leur portée".
"Près de 250 ans après avoir reconnu l’indépendance américaine, le Maroc entend poursuivre et approfondir cette relation privilégiée. L’ambition est claire : transformer un héritage historique exceptionnel en nouvelles opportunités de coopération, de croissance et de progrès au bénéfice des deux peuples", a conclu l’ambassadeur.
MAP
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