Le Maroc, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, demeure convaincu que le dialogue constructif, la coopération sous toutes ses formes et un multilatéralisme efficace sont indispensables pour préserver la confiance et renforcer la coopération sous-régionale, régionale et internationale, a indiqué mercredi à Vienne l'ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès des organisations internationales, Azzeddine Farhane.
Intervenant au segment de haut niveau de la 70e session de la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), M. Farhane a relevé que cette session marque la conclusion du mandat de deux ans du Maroc au Conseil des gouverneurs de l'AIEA et l'ouverture d'une nouvelle responsabilité avec la présidence, à compter de jeudi prochain, de l'Accord régional africain de coopération pour la recherche, le développement et la formation dans le domaine des sciences et technologies nucléaires (AFRA).
Rappelant l'engagement constant du Royaume dans la gouvernance de l'Agence, M. Farhane a cité notamment la présidence marocaine de la 64e Conférence générale de l’AIEA, la présidence du Groupe des 77 et la Chine à Vienne en 2022, ainsi que le mandat du Maroc au Conseil des gouverneurs durant la période 2024-2026, dont il a également assuré la vice-présidence.
"Pour le Maroc, être membre n'a jamais simplement signifié occuper un siège. Il s'agit de contribuer, de faciliter et de construire des ponts", a-t-il affirmé.
Sur les questions des garanties et de la non-prolifération, le Maroc a constamment soutenu l'intégrité du mandat de vérification de l'Agence, la pleine coopération avec son Secrétariat et le respect des droits et obligations découlant du régime international de non-prolifération, tout en plaidant pour préserver l'espace nécessaire à la diplomatie, a-t-il indiqué.
Dans ce cadre, M. Farhane a évoqué la coordination du Royaume avec les autres membres arabes du Conseil des gouverneurs, à savoir l'Arabie saoudite, la Jordanie et l'Égypte, notamment pour la tenue d'une session spéciale du Conseil à la suite de l'attaque ayant affecté la centrale nucléaire de Barakah aux Émirats arabes unis.
Cette action visait notamment à réaffirmer le principe fondamental selon lequel les installations nucléaires destinées à des fins pacifiques ne doivent jamais être la cible d'attaques armées, a-t-il précisé.
Le diplomate a également fait état des efforts déployés concernant le dossier des garanties en Syrie, soulignant que les quatre membres arabes du Conseil ont contribué, à travers des consultations soutenues, à l'adaptation du traitement de cette question à l'évolution des circonstances et à l'obtention d'un résultat consensuel ayant permis le retrait du dossier syrien de l'ordre du jour du Conseil, tout en préservant les responsabilités techniques de l'Agence.
Par ailleurs, M. Farhane a mis en avant la contribution du Maroc au renforcement du régime international de sûreté et de sécurité nucléaires, rappelant que le Royaume avait présidé, en 2005, les négociations ayant conduit à l’adoption de la Convention internationale pour la répression des actes de terrorisme nucléaire (ICSANT).
Vingt ans plus tard, en marge de la 69e Conférence générale, le Maroc avait réuni l’AIEA, l'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) ainsi que des partenaires onusiens, dont l'Office des Nations Unies contre le terrorisme, pour commémorer le 20e anniversaire de l'ICSANT et de l'adoption de l’amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaires. "Notre objectif s'inscrivait dans une perspective d'avenir visant à promouvoir leur universalisation et leur mise en œuvre effective ainsi qu'à renforcer la coopération internationale face aux menaces évolutives pesant sur la sécurité nucléaire", a expliqué l'ambassadeur.
Au niveau national, le Royaume a fait le choix de la transparence en ouvrant volontairement son cadre nucléaire et radiologique aux mécanismes d'examen par les pairs de l’AIEA.
À ce titre, le Maroc a accueilli trois missions d'examen de l’Agence portant notamment sur la préparation aux situations d'urgence (EPREV), l'infrastructure nucléaire intégrée (INIR) et l'évaluation intégrée de la sûreté des réacteurs de recherche (INSARR), ainsi qu'une mission du Service intégré d’examen de la réglementation (IRRS).
M. Farhane a, en outre, souligné que la solidité du régime international de sûreté et de sécurité nucléaires doit se mesurer à sa capacité à apporter des bénéfices concrets aux populations.
Dans ce contexte, il a rappelé l'initiative du Maroc au sein du G77 et la Chine concernant une résolution sur la production économique d'eau potable à l’aide de réacteurs nucléaires de petite et moyenne taille, mettant en avant l'importance de la sécurité hydrique et de la contribution potentielle des technologies nucléaires.
"L'Afrique demeure au cœur de l'engagement du Royaume", a poursuivi le diplomate, rappelant que le Maroc avait organisé à Rabat, en 2024, la première réunion régionale africaine consacrée à l'initiative ZODIAC de l'AIEA, destinée à renforcer les capacités nationales de détection, de surveillance et de lutte contre les maladies zoonotiques.
M. Farhane a également évoqué la contribution des institutions et centres d'excellence marocains à la formation, aux bourses, aux visites scientifiques et au partage d’expertise au profit de professionnels issus de plus de 40 États membres africains de l'AIEA, dans des domaines allant de la médecine nucléaire au renforcement des capacités réglementaires.
"Le mandat du Maroc au Conseil des gouverneurs arrive à son terme, mais son engagement envers l’Agence, l’Afrique, le régime international de sûreté et de sécurité nucléaires et le multilatéralisme efficace se poursuit", a fait observer M. Farhane, plaidant pour le renforcement des institutions multilatérales et pour un partage plus équitable entre les nations des bénéfices de la science et de la technologie nucléaires.
MAP
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