La riposte contre l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) doit être intensifiée, alors que plusieurs chaînes de transmission restent inconnues, a averti mercredi à Genève le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus.
"Tant que chaque chaîne de propagation n’est pas connue et brisée, cela va continuer", a déclaré M. Ghebreyesus lors d’une conférence de presse accordée à l’Association des correspondants accrédités auprès de l’ONU-Genève (ACANU).
"Nous avons obtenu de grandes avancées, mais ce n’est pas suffisant", a-t-il ajouté.
Plus de 6.000 cas confirmés et plus de 3.000 décès ont désormais été enregistrés, selon les derniers chiffres des autorités congolaises, faisant de cette épidémie, provoquée par l’espèce Bundibugyo du virus Ebola, la plus importante et la plus meurtrière jamais connue en RDC.
"Tant que chaque chaîne n’aura pas été identifiée et brisée, l’épidémie se poursuivra et continuera de représenter une menace pour la RDC, ses voisins et l’ensemble de la région", a insisté le chef de l’OMS.
Le suivi des chaînes de transmission demeure particulièrement difficile, une majorité des cas étant identifiée directement dans les communautés, loin des centres de santé.
"Cela signifie qu’il existe des chaînes de transmission que nous ignorons", a expliqué M. Ghebreyesus, soulignant également que certaines victimes sont encore enterrées sans respecter les mesures de sécurité, favorisant ainsi la propagation du virus.
Face à cette situation, l’OMS prévoit de tripler en trois mois le nombre de lits disponibles pour la prise en charge des patients, actuellement au nombre de 1.300.
Le directeur général de l’OMS a parallèlement appelé la communauté internationale à accroître et accélérer le financement du plan de riposte conduit par le gouvernement congolais, qui nécessite 1,3 milliard de dollars.
"Nous savons que nous formulons cette demande à un moment où le financement de l’aide humanitaire s’est contracté et où les priorités concurrentes sont nombreuses", a-t-il reconnu, avant d’ajouter: "Mais comme nous l’avons appris des précédentes épidémies d’Ebola, nous pouvons contrôler cette épidémie si nous le décidons".
MAP
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