L'ambassadeur, représentant permanent du Maroc auprès de l'ONU, Omar Hilale, a co-présidé, vendredi à New York, une réunion de haut niveau du Groupe des amis des Nations Unies sur l'intelligence artificielle au service du développement durable, consacrée aux préparatifs du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l'IA, prévu les 6 et 7 juillet à Genève.
Lors de cette réunion, les co-présidents du Dialogue mondial, les ambassadeurs Egriselda López du Salvador et Rein Tammsaar d'Estonie, ainsi que des directeurs de l'Organisation onusienne pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et de l'Union internationale des télécommunications (UIT) à New York, ont présenté aux délégations l'état des préparatifs et le déroulé attendu des deux journées de Genève.
Dans sa déclaration d'ouverture, M. Hilale a présenté le rendez-vous de Genève comme "le test de la capacité du système multilatéral à gouverner une technologie de cette ampleur".
"Si nous échouons, les règles de l'intelligence artificielle continueront de s'écrire dans des clubs restreints, et la fragmentation que nous observons aujourd'hui ne fera que s'aggraver", a-t-il averti devant les délégations de ce Groupe, fort de plus de soixante pays membres.
L’ambassadeur a dressé un état des lieux sans détour, en soulignant que l'IA "a quitté les laboratoires. Son marché atteindra 4.800 milliards de dollars à l'horizon 2033 d'après la CNUCED, alors qu'une centaine d'entreprises y concentrent 40% des dépenses mondiales de recherche".
"Plus parlant encore : 7 pays développés, seulement, participent à l'ensemble des grandes initiatives internationales de gouvernance de l'IA, et 118 n'en font partie d'aucune", a-t-il dit, ajoutant que "la majorité de l'humanité est tout simplement absente des salles où s'écrivent les règles".
C’est dans ce contexte qu’intervient le Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA pour corriger cette anomalie, en réunissant pour la première fois les 193 Etats membres, sur un pied d'égalité, aux côtés des scientifiques, du secteur privé et de la société civile.
Cette marginalisation n'est pas le seul déséquilibre pointé par l’ambassadeur Hilale. Les défis de l'IA débordent désormais largement le terrain technique. Ils sont géopolitiques, éthiques, économiques et sociaux.
"La question n'est plus de savoir ce que les machines peuvent faire. La question est de savoir qui décide, qui en bénéficie, et qui est laissé pour compte", a-t-il insisté, plaidant pour une IA dont les règles soient écrites avec tous les pays, y compris l'Afrique, "où 60% de la population a moins de 25 ans, la population la plus jeune du monde, celle qui a le plus à gagner et le plus à perdre".
Le Maroc avait initié, avec les Etats-Unis, la première résolution onusienne sur l'intelligence artificielle, adoptée par l'Assemblée Générale en mars 2024 et co-parrainée par plus de 120 Etats membres. Par la suite, M. Hilale et son homologue américain ont créé le Groupe des amis de l’ONU sur l'Intelligence Artificielle qu’ils co-président actuellement.
MAP
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