Chambre des conseillers/bilan gouvernemental: la majorité salue une gestion "audacieuse", l’opposition conteste l’impact réel

Chambre des conseillers/bilan gouvernemental: la majorité salue une gestion "audacieuse", l’opposition conteste l’impact réel

Les formations politiques représentées à la Chambre des conseillers ont affiché des positions contrastées sur le bilan de l'action gouvernementale, présenté par le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch lors d’une séance conjointe du Parlement. Entre une majorité saluant une gestion "audacieuse" et efficace dans la mise en œuvre des grands chantiers structurants en dépit d’une conjoncture exceptionnelle et une opposition critiquant l'impact limité de ce bilan sur le processus de développement et les conditions de vie des citoyens, le débat a mis en lumière une divergence d’appréciation.

Lors d’une séance plénière, mardi, les groupes de la majorité ont défendu un bilan réalisé dans une conjoncture nationale et internationale complexé marquée par les effets de crises économiques, climatiques et géopolitiques, se félicitant de la poursuite des réformes structurelles, de la promotion de l’attractivité économique et de la consolidation des fondements de l’État social.

Dans ce sens, le groupe du Rassemblement national des indépendants a souligné la réussite des grands chantiers engagés, notamment la généralisation de la protection sociale, la réforme du système de santé, le soutien à l’investissement et à l’emploi ainsi que les réformes liées aux droits et aux libertés.

Il a également salué les réalisations dans le domaine de la société civile ainsi que la dynamique sans précédent des secteurs coopératif et artisanal et les incitations destinées aux artisans, outre la revigoration de l’économie sociale et solidaire à la faveur de divers programmes prenant en compte la dimension territoriale et la diversité du Royaume.

Le groupe Authenticité et modernité a estimé pour sa part que l’importance du bilan réside autant dans ses résultats que dans le contexte difficile dans lequel ils ont été obtenus, mettant en avant des réalisations concrètes à travers trois piliers fondamentaux: la poursuite de la mise en œuvre des grands chantiers structurants, l’exécution du programme gouvernemental et la prise de "décisions audacieuses" face aux fluctuations.

Le Maroc est devenu, durant ce mandat, "une destination de confiance pour les investissements publics et privés et un modèle de résilience face aux défis de la rareté des ressources hydriques, de gouvernance financière et économique et de généralisation de la couverture sociale et médicale, à travers des aides financières directes aux familles en situation de précarité et le renforcement des fondements de l’État social", a relevé le groupe.

Même son de cloche chez le groupe Istiqlalien de l’unité et l’égalitarisme, qui a souligné que le gouvernement a fait face à une conjoncture de crises économiques, environnementales et géopolitiques mondiales, saluant "sa gestion réussie et sereine de situations exceptionnelles".

Le groupe parlementaire a aussi loué la poursuite des réformes majeures et le renforcement de la confiance des acteurs économiques nationaux et internationaux, ainsi que la consolidation de l’attractivité économique à la faveur de l’accélération de la réforme de la justice et de l’administration et l’optimisation de l'investissement public.

A l'inverse, l'opposition a insisté sur la nécessité d'évaluer le bilan à la lumière de son impact réel sur les indicateurs d’emploi, de pouvoir d’achat et de qualité des services, relevant la persistance de certains "dysfonctionnements" liés à la hausse des prix, à l’aggravation du chômage et à l’élargissement des disparités territoriales.

Le groupe Haraki a considéré que "les opportunités inédites de succès s'offrant à la coalition gouvernementale dépassent de loin son bilan en matière de développement, des droits de l’Homme et politique".

Le groupe parlementaire a critiqué "la hausse des recettes budgétaires par l’augmentation des impôts directs et indirects affectant les citoyens, l’instauration d'un taux d’imposition unifié pour les entreprises et le recours aux financements innovants ayant dépassé 120 milliards de dirhams, sans dévoiler ni la liste des établissements publics concernés ni les parties".

Le groupe Socialiste - opposition ittihadi - a quant à lui braqué les projecteurs sur le bilan gouvernemental, notamment en matière d'emploi, estimant qu'une comparaison minutieuse entre les promesses et les résultats montre un écart entre les postes prévus et ceux effectivement créés.

Côté protection sociale, le groupe a jugé insuffisantes les données sur le taux de couverture effective, le nombre des bénéficiaires qui recourent réellement aux soins et le taux de réduction des dépenses médicales directes des ménages, affirmant que la réforme sociale se mesure essentiellement par l’accès des citoyens aux soins dans des délais raisonnables et à des prestations de qualité et à coût réduit.

De son côté, le groupement constitutionnel démocratique et social a insisté sur l’objectivité comme critère de l’évaluation du bilan de l’action gouvernementale, qualifiant de "bonnes" les réalisations enregistrées durant l’actuel mandat, dans le sillage du processus de développement que connaît le Maroc.

Le groupement a, en revanche, soulevé des questions relatives aux écarts sociaux et à la hausse du coût de la vie, appelant à accorder une importance aux impacts des politiques publiques sur le quotidien des citoyens, afin de préserver l’équilibre social et la stabilité.

MAP

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