Genève : M. Zniber plaide pour le renforcement de l’autonomisation économique des femmes francophones

Genève : M. Zniber plaide pour le renforcement de l’autonomisation économique des femmes francophones

L’ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU à Genève, Omar Zniber, en sa qualité de président du Groupe des ambassadeurs francophones (GAF), a souligné, lundi au siège de l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève, l’importance de l’égalité de genre et de l’autonomisation économique des femmes en tant que leviers essentiels du développement durable, de la justice et de la cohésion sociales dans l’espace francophone.

Ouvrant les travaux d’une table-ronde de haut niveau sous le thème “Renforcer l’autonomisation économique des femmes francophones dans le monde du travail”, initiée par l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) en partenariat avec l’OIT, l’Institut de recherche des Nations Unies pour le développement social (UNRISD) et le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes (CEDAW), M. Zniber a saisi l’occasion pour mettre en avant “le développement majeur et significatif de la vie politique du Maroc”, où une femme a été appelée, pour la première fois, à diriger le gouvernement à la suite de la victoire de son parti aux élections législatives du 23 septembre 2026.

“Ce n’est pas seulement une source de fierté pour moi, mais pour toutes les Marocaines et tous les Marocains”, a-t-il affirmé, estimant que cette évolution traduit la volonté de Sa Majesté le Roi Mohammed VI de consacrer l’égalité de genre comme un objectif majeur pour l’ensemble de la société marocaine, dans le prolongement d’autres initiatives et mesures importantes introduites au cours des deux dernières années.

Les panélistes de cette rencontre, marquée notamment par la participation du directeur général de l’OIT, Gilbert Houngbo, de la directrice de l’UNRISD, Magdalena Sepulveda, et du Représentant permanent de l’OIF à Genève et à Vienne, Henri Monceau, la Secrétaire générale du département de la Formation professionnelle, Wafae Asri, ainsi que de plusieurs ambassadeurs francophones, ont salué cette dynamique qui a porté la femme au sommet des instances décisionnelles au Maroc.

Cette évolution a ainsi été qualifiée par l’ambassadrice du Rwanda comme une réalisation qui “fait rêver toutes les filles et femmes africaines”, appuyée par les témoignages d’autres ambassadeurs, notamment d’Arménie, de France et du Canada.

M. Zniber a par ailleurs relevé une série de défis dans plusieurs pays de l'espace francophone en matière d’accès à un emploi formel et décent, à la protection sociale, à la formation, aux ressources productives et financières ainsi que l’entrepreneuriat, sans oublier leur accès limité aux postes de décision. Les travailleuses de l’économie informelle, les jeunes femmes, les femmes rurales, celles en situation de handicap, les migrantes et les femmes exposées à la précarité et au veuvage sont particulièrement concernées, a-t-il dit.

Les écarts de rémunération, la discrimination professionnelle, les stéréotypes, les traditions, la répartition inégale du travail de soin non rémunéré, ainsi que les violences et le harcèlement au travail entravent également leur pleine participation à la vie économique, a-t-il fait observer.

Dans ce contexte, le diplomate a rappelé que le GAF de Genève avait adopté, au début de 2026, une feuille de route, visant à promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes dans le monde du travail, à valoriser les avancées nationales et à renforcer la coopération régionale, interrégionale et internationale, et ce conformément aux recommandations de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement tenue à Erevan en 2018 et l’Appel de Kigali, ainsi que des conventions et recommandations de l’OIT en faveur de l’égalité de genre.

M. Zniber a d'autre part mis en avant le rôle des mécanismes de financement dédiés à la formation et à la création d’activités génératrices de revenus, à l’instar du Fonds “La Francophonie avec Elles”, dans l’accès des femmes aux ressources économiques et leur transition vers l’économie formelle.

Cette rencontre vise notamment à renforcer la coopération, l’échange de bonnes pratiques et le plaidoyer pour un engagement politique accru en faveur des droits des femmes et de leur autonomisation économique, y compris par la ratification et la mise en œuvre effective des conventions pertinentes de l’OIT.

Les travaux de cette table ronde, qui a été suivie d'une rencontre technique, doivent permettre d’identifier des solutions concrètes aux obstacles qui limitent l’accès des femmes à l’emploi décent, à la protection sociale et aux responsabilités décisionnelles, ainsi que d’explorer des pistes de partenariat entre l’OIF, l’OIT, le CEDAW, ONU Femmes et les autres acteurs concernés, afin de mieux articuler les dispositifs de soutien aux femmes avec les politiques nationales de formalisation de l’économie.

MAP

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