La coopération scientifique et académique entre le Maroc et la Mauritanie connaît une dynamique soutenue, puisant ses fondements dans des relations profondément ancrées dans l’histoire et traduisant des ambitions et des aspirations communes en matière de développement et de progrès.
Cette coopération bilatérale dans un secteur aussi stratégique, qui s'appuie sur des acquis importants, constitue l’un des volets du partenariat multidimensionnel que les deux pays s’emploient à concrétiser à travers des projets tangibles, plaçant le développement du capital humain au cœur des priorités.
La coopération maroco-mauritanienne dans le domaine académique se traduit notamment par l’échange d’expertises scientifiques, le développement de la formation universitaire, la promotion de la recherche et de l’innovation, ainsi que par le transfert des connaissances et le renforcement des compétences humaines, afin d’accompagner les mutations économiques et technologiques et de relever les défis qui en découlent.
Les conventions conclues entre plusieurs établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique marocains et leurs homologues mauritaniens offrent un cadre institutionnel permettant de structurer cette coopération dans les domaines de la recherche scientifique, de la formation des enseignants, de la mobilité des chercheurs et de la publication des travaux scientifiques.
Dans ce contexte, Yerban Al-Kharachi, conseiller chargé de la coopération internationale au ministère mauritanien de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, a souligné que la coopération entre les deux pays se décline en différents volets, dont celui de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
En effet, cette coopération a progressivement évolué depuis la signature le 10 février 1972 de la convention culturelle entre les deux pays à Nouakchott. Aujourd'hui, elle est devenue plus intégrée et plus globale, particulièrement après la conclusion, le 24 avril 2013 à Nouakchott, d’un accord de coopération dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique entre les gouvernements des deux pays.
Dans une déclaration à la MAP, le responsable mauritanien a expliqué qu’en vertu de cet accord, "la coopération ne se limite plus à l’octroi de bourses d’études, mais s’est élargie à l’échange d’expertises, à la coordination des politiques éducatives et au lancement de formations conjointes".
L’importance de cette coopération réside dans sa contribution à la formation du capital humain, a-t-il souligné, précisant qu’elle a produit, au fil des décennies, un effet cumulatif ayant permis la formation de près de 30.000 cadres mauritaniens, parallèlement à la mise à disposition de 300 places d’études par an.
Selon lui, ces chiffres témoignent d’une forte mobilité estudiantine et placent le partenariat maroco-mauritanien parmi les coopérations les plus dynamiques aux niveaux arabe et africain. M. Al-Kharachi a également relevé que les trois dernières années ont été marquées par des avancées qualitatives dans la conclusion de conventions de partenariat et de jumelage entre les établissements d’enseignement supérieur et de recherche scientifique des deux pays.
Parmi ces accords figurent notamment une convention-cadre entre l’Université de Nouakchott et l’Université Mohammed V, signée en avril 2023, une convention entre l’Université des sciences islamiques d’Aïoun, en Mauritanie, et l’Université Mohammed V, conclue en mars 2023, et un accord relatif à l’assurance qualité, signé en novembre 2024 entre l’Autorité mauritanienne d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et l’Agence nationale marocaine d’évaluation et d’assurance qualité de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique.
Il s’agit aussi d’une convention entre les facultés de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire des universités de Nouakchott et Sidi Mohamed Ben Abdellah de Fès, conclue en mai 2025, d’un accord signé en janvier 2026 entre le ministère mauritanien de l’Enseignement supérieur et l’Institut agronomique et vétérinaire Hassan II, visant à faciliter l’accès à l’enseignement supérieur et à diversifier l’offre de formation à travers la création de l’École supérieure d’agriculture de Kaédi et de l’École supérieure de médecine vétérinaire de Néma, dans l’est de la Mauritanie.
Le responsable mauritanien a affirmé que ces conventions contribuent à l’ancrage des savoirs et des compétences en Mauritanie, notamment à travers la création d’établissements spécialisés dans les régions de l’intérieur du pays, afin de soutenir le développement local.
Ces accords visent également à accélérer la transition vers une université productive, capable de contribuer efficacement à la résolution des problématiques économiques et sociales grâce au soutien à l’innovation et à l’entrepreneuriat, a-t-il ajouté, notant qu'ils ambitionnent aussi d’améliorer la qualité de l’enseignement supérieur, en veillant à la mise en adéquation des programmes de formation avec les normes internationales et au développement des capacités nationales.
M. Al-Kharachi a, par ailleurs, salué l’expérience marocaine dans les domaines de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, qu’il a qualifiée de “solide et profondément enracinée”.
Il a estimé que cette expérience constitue l’un des modèles les plus proches dont la Mauritanie pourrait tirer profit pour moderniser son système d’enseignement supérieur et de recherche scientifique, notamment en accompagnant l’introduction et la création de nouvelles filières stratégiques, destinées à diversifier l’offre de formation supérieure et à en améliorer la qualité.
Parallèlement aux efforts déployés au niveau officiel, notamment par les départements ministériels de tutelle des deux pays, les élites mauritaniennes ayant poursuivi leurs études au Maroc jouent également un rôle important dans le renforcement de la coopération académique bilatérale.
Dans ce cadre, la présidente de l’Association des cadres mauritaniens diplômés des universités, instituts et grandes écoles du Maroc, Tourba Ammar, a déclaré à la MAP que 70% des cadres mauritaniens sont issus d’établissements d’enseignement supérieur marocains, précisant que l’association regroupe un nombre important de ces diplômés.
Mme Ammar, professeure d’histoire islamique et diplômée de l’Université Mohammed V de Rabat, a expliqué que l’association œuvre à “établir des passerelles de communication entre les institutions académiques et de recherche et à mettre en lumière les liens étroits unissant le Maroc et la Mauritanie”.
Cette mission se concrétise notamment par l’organisation de colloques et de rencontres destinés à valoriser les différentes dimensions du partenariat culturel, scientifique, économique et social entre les deux pays.
Elle a, à cet égard, salué le “rôle majeur et efficace” joué par l’Agence marocaine de coopération internationale (AMCI) dans la formation de cadres mauritaniens issus de diverses spécialités.
Mme Ammar a rappelé que l’Agence accueille chaque année des centaines d’étudiants mauritaniens dans les différents cycles de l’enseignement supérieur.
MAP
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