Création d’emplois : La Banque mondiale entend mobiliser davantage de financements (Président)

Création d’emplois : La Banque mondiale entend mobiliser davantage de financements (Président)

Le Groupe de la Banque mondiale entend renforcer la mobilisation des financements publics et privés, la coopération avec ses partenaires et le recours aux nouvelles technologies afin d’accélérer la création d’emplois et de répondre aux besoins de développement des pays, a affirmé, vendredi à Bangkok, son président, Ajay Banga.

"Face à la persistance des conflits, au rétrécissement des marges de manœuvre budgétaires, à l’alourdissement de la dette et au coût élevé des produits de première nécessité, le financement du développement doit gagner en efficacité, tout en accompagnant la création d’emplois à grande échelle", a souligné M. Banga lors de la séance plénière des Assemblées annuelles du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, qui se tiennent jusqu'au 18 octobre.

Il a relevé que 1,2 milliard de jeunes devraient arriver sur le marché du travail au cours des 10 à 15 prochaines années, alors que celui-ci ne devrait offrir qu’environ 400 millions d’emplois, mettant en évidence l’ampleur du défi auquel les économies mondiales sont confrontées.

Pour y répondre, le Groupe de la Banque mondiale mise sur une approche combinant ressources publiques, financements concessionnels et investissements privés, selon les besoins et le niveau de développement de chaque pays.

Selon lui, la stratégie du Groupe en matière d’emploi repose sur trois piliers, à savoir le développement des infrastructures physiques et humaines, le renforcement de la sécurité réglementaire et institutionnelle, ainsi que la réduction des risques qui freinent l’investissement privé. L’objectif est notamment de faciliter l’accès au financement, de développer les garanties et les prises de participation et de favoriser le financement en monnaie locale.

La technologie, en particulier l’intelligence artificielle (IA), constitue un autre levier de cette stratégie. Le Groupe entend accompagner les pays dans le développement de l’électricité, de la connectivité, de l’accès aux équipements et des compétences nécessaires pour tirer parti des applications de l’IA dans des domaines tels que l’agriculture, l’éducation, la santé et l’entrepreneuriat, a-t-il dit.

A cette occasion, le président a mis en avant les réformes engagées au sein de l’institution pour améliorer l’efficacité de ses interventions, notamment la réduction de la durée de préparation des projets de 19 à 9 mois et le recentrage des indicateurs de performance sur l’impact.

La coopération entre les banques multilatérales de développement a également été renforcée, avec un portefeuille de cofinancements qui a triplé en deux ans pour atteindre environ 250 projets, représentant des besoins de financement de 138 milliards de dollars, a-t-il ajouté.

S’agissant de la mobilisation des capitaux privés, le responsable a fait état d’une progression significative, passant d’environ 35 milliards de dollars au cours de l’exercice 2022 à 112 milliards de dollars l’année dernière. En intégrant les financements propres du Groupe, le volume total des financements a dépassé 230 milliards de dollars.

D'après lui, ces ressources sont notamment orientées vers les infrastructures, l’énergie, l’agroalimentaire, la santé, le tourisme et l’industrie manufacturière à valeur ajoutée, des secteurs considérés comme essentiels à l’amélioration de la productivité et à la création d’emplois.

Les financements et capitaux mobilisés au titre de l’action climatique du Groupe ont, pour leur part, atteint 96 milliards de dollars, dont 48 milliards provenant de capitaux privés.

Le président a également mis en avant plusieurs initiatives sectorielles, dont "Mission 300", menée conjointement avec la Banque africaine de développement (BAD) pour permettre à 300 millions de personnes en Afrique d’accéder à l’électricité d’ici 2030. À ce jour, 59 millions de personnes ont déjà bénéficié d’un meilleur accès à l’électricité dans le cadre de cette initiative.

Dans le domaine de l’eau, le Groupe vise à améliorer la sécurité de l’approvisionnement pour 400 millions de personnes d’ici 2030, dans le cadre d’une ambition collective de ses partenaires portant sur un milliard de personnes. Dans l’agriculture, il prévoit de soutenir 200 millions de petits exploitants agricoles, tandis que l’initiative "HealthWorks" vise à favoriser l’accès à des services de santé de qualité et abordables pour 1,5 milliard de personnes à l’horizon 2030.

Le Groupe prévoit également de renforcer ses interventions dans les minéraux critiques, les corridors économiques et les infrastructures, en vue de développer les industries locales, de connecter les territoires aux marchés et de générer davantage de valeur ajoutée et d’emplois dans les économies concernées.

En conclusion, le président a appelé à donner davantage d’ampleur aux initiatives engagées afin de répondre aux aspirations de la prochaine génération et de bâtir un modèle de développement adapté aux besoins des pays.

MAP

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