Le président du Conseil de la concurrence, Ahmed Rahhou, a souligné, mercredi à Marrakech, la nécessité de renforcer l’attractivité du secteur de la santé pour favoriser les investissements et la création de valeur ajoutée, tout en garantissant une concurrence saine, le respect de la loi et de l’éthique, ainsi que la qualité des prestations et la soutenabilité de leur coût.
S’exprimant lors d’une conférence internationale, organisée par le Conseil de la concurrence sous le thème "La politique de santé au Maroc : concurrence, régulation et gouvernance à l’ère de la couverture sociale universelle", M. Rahhou a indiqué que l’implication du secteur privé, qui occupe une place importante dans ce domaine, constitue un élément essentiel pour accompagner la concrétisation de ce chantier Royal.
Il a, à cet égard, insisté sur l’importance de réunir les conditions nécessaires pour favoriser un maximum d’investissements et une création accrue de valeur ajoutée, dans le cadre d’une concurrence respectueuse de la législation et de l’éthique, et soucieuse de la qualité de l’offre de soins ainsi que de la soutenabilité de son coût.
Le Conseil de la concurrence, a-t-il poursuivi, avait réalisé plusieurs travaux sur le secteur de la santé, notamment à travers des rapports portant sur le circuit de distribution des médicaments et les mécanismes de fixation de leurs prix.
M. Rahhou a, dans la foulée, fait observer que l’ensemble des acteurs concernés sont appelés à collaborer pour assurer la réussite de la réforme de la couverture sociale universelle, le Conseil de la concurrence étant disposé à apporter sa contribution à cet effort collectif, dans l’intérêt du citoyen marocain et dans le cadre de la mise en œuvre des Hautes Instructions Royales.
De son côté, le président du Conseil économique, social et environnemental (CESE), Abdelkader Amara, a mis en avant les avancées majeures réalisées par le Maroc en matière de généralisation de la couverture sanitaire, précisant que 88% de la population bénéficie désormais de cette couverture.
Cette évolution constitue une avancée considérable, a-t-il assuré, ajoutant que la couverture sanitaire représente un enjeu essentiel pour l’ensemble des citoyens et figure parmi les questions auxquelles Sa Majesté le Roi Mohammed VI accorde une attention particulière.
M. Amara a toutefois insisté sur la nécessité de veiller à ce que la généralisation de la couverture sanitaire ne soit pas uniquement appréciée à travers des indicateurs quantitatifs, mais qu’elle se traduise également par un accès effectif aux soins, relevant que les bénéficiaires doivent pouvoir disposer d’une offre de santé accessible et financièrement abordable, d'où l'importance de consentir des efforts supplémentaires dans ce domaine.
Le président du CESE a également plaidé en faveur de la préservation d'un équilibre entre les secteurs public et privé, rappelant que le secteur public se veut un pilier fondamental du système de santé national, en particulier pour les catégories les plus vulnérables de la population.
Pour sa part, le directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Hassan Boubrik, a abordé les enjeux liés à l’effectivité de la couverture médicale et à la continuité des droits des assurés, dans un contexte marqué par l’élargissement de l’assurance maladie obligatoire (AMO).
Les prestations servies par la CNSS au titre de l’AMO ont atteint 23 milliards de dirhams en 2025, en hausse de 17% par rapport à l’année précédente, a-t-il fait savoir, soulignant la nécessité de mieux maîtriser les dépenses de santé.
M. Boubrik a, en outre, mis l’accent sur le renforcement de la régulation du secteur, particulièrement à travers la maîtrise des prix des médicaments, le recours accru aux génériques et aux biosimilaires, l’actualisation des tarifs de référence et des listes de médicaments remboursables, outre la promotion de la prévention et la coordination des parcours de soins.
Par ailleurs, il a relevé l’importance de consolider les mécanismes de contrôle afin de lutter contre les éventuelles pratiques de surfacturation, les actes injustifiés et la fraude, tout en appelant à doter la Haute Autorité de santé (HAS) des moyens nécessaires à l’accomplissement de ses missions.
Cette conférence internationale offre ainsi l'occasion d'approfondir les discussions sur les défis liés à l’accès aux soins, à la répartition des dépenses entre les secteurs public et privé et à la soutenabilité financière du système de santé national.
Cet événement a pour principal objectif d'examiner les expériences nationales et internationales en matière de régulation du secteur de la santé, afin de favoriser une gouvernance conciliant l’intérêt des citoyens, le développement de l’investissement et le respect des règles de concurrence.
MAP
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