L’ONU appelle à une action urgente pour protéger les jeunes face à la "crise de l’intégrité de l’information"

L’ONU appelle à une action urgente pour protéger les jeunes face à la "crise de l’intégrité de l’information"

 L’Organisation des Nations Unies (ONU) a appelé lundi à une action urgente pour protéger et autonomiser les enfants et les jeunes face aux risques croissants liés à la "crise de l’intégrité de l’information".

"Les enfants et les jeunes sont souvent les plus exposés aux risques de l’écosystème de l’information actuel et seront les plus directement touchés par les technologies qui le transforment", a déploré le département de la communication mondiale des Nations Unies, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, célébrée le 12 août.

Dans une note d'information Intitulée "Renforcer l’intégrité de l’information", le département onusien exhorte les gouvernements, les entreprises de technologie, les annonceurs, les médias et les chercheurs à œuvrer ensemble pour faire progresser la protection et la participation.

Selon ce document, "plus de 82 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans sont connectés à Internet dans le monde. Les préjudices auxquels ils sont exposés en ligne ne sont ni fortuits, ni le fruit de choix individuels ou d’un manque de surveillance parentale".

"Ils sont au contraire le résultat de modèles économiques qui monétisent l’attention et les données personnelles, ainsi que de fonctionnalités conçues pour maximiser l’engagement et les dépenses", souligne la même source.

Dans ce contexte, "l’Intelligence artificielle évolue plus rapidement que les cadres réglementaires qui n’ont jamais été conçus pour elle, introduisant et aggravant des risques allant du contenu synthétique à l’exploitation facilitée par l’IA".

"C’est pendant l’élaboration de ces lois qu’il faut inscrire les droits des enfants dans la gouvernance de l’IA", estime la note, soulignant qu’il s’agit d'"une fenêtre d’opportunité qui ne restera pas ouverte longtemps".

D'après le document, les enfants et les jeunes ne sont pas seulement exposés à des risques dans les espaces d’information, ils sont aussi des créateurs, des défenseurs et des organisateurs.

"Pourtant, leurs points de vue restent sous-représentés dans les instances où les politiques sont élaborées, ainsi que dans les recherches qui les sous-tendent", estime la note

Cette note, qui applique les Principes mondiaux des Nations Unies pour l’intégrité de l’information aux droits des enfants et à l’engagement des jeunes, fait suite à l’appel lancé par le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, lors de l’ouverture, en juillet dernier à Genève, du premier Dialogue mondial sur la gouvernance de l’IA, en faveur d’un engagement en faveur de la sécurité des enfants face à l’IA couvrant tout système accessible à un enfant.

"Aucun enfant ne devrait servir de cobaye pour une IA non réglementée (...) Lorsqu’un enfant subit un préjudice, la réponse ne doit jamais être +c’est l’algorithme qui est responsable+", avait déclaré le Secrétaire général à cette occasion.

Dans le prolongement de cet appel, les gouvernements et les entités des Nations Unies ont également lancé la Coalition pour les droits et la protection des enfants à l’ère de l’intelligence artificielle afin de veiller à ce que les droits, la sécurité et le bien-être des enfants occupent une place centrale dans la gouvernance de l’IA.

Sur le plan des actions à entreprendre, les pistes identifiées dans cette note comprennent la mise en place, par les États, de cadres réglementaires clairs et respectueux des droits, ainsi que le renforcement des moyens d’action des enfants, des parents, des tuteurs et des éducateurs.

Les entreprises technologiques et les acteurs du domaine de l’IA sont, pour leur part, appelés à donner la priorité à la sécurité et aux droits des enfants dans la conception de leurs produits et de leurs modèles économiques, tandis que les annonceurs sont invités à exiger un changement dans les pratiques publicitaires numériques.

La note souligne également le rôle des médias d’information, appelés à investir dans un journalisme répondant aux besoins spécifiques des enfants et des jeunes en tant que publics cibles et créateurs clés, ainsi que celui des chercheurs, qui mènent les études nécessaires et produisent des données exploitables dans l’intérêt général, y compris sur des domaines et des communautés encore peu étudiés.

Les acteurs de la société civile sont également appelés à apporter leur expertise, à assurer un contrôle indépendant et à mener des actions de plaidoyer, tandis que les enfants et les jeunes eux-mêmes contribuent et participent activement à l’ensemble de l’environnement informationnel.

MAP

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