Hantavirus: Le risque de propagation est "faible", rassure l'OMS

Hantavirus: Le risque de propagation est "faible", rassure l'OMS

“Le risque pour la santé publique reste faible”, a affirmé jeudi le directeur général de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, à propos du foyer de hantavirus détecté à bord du navire de croisière Hondius, tout en avertissant que “davantage de cas pourraient être signalés” en raison d’une période d’incubation pouvant aller “jusqu’à six semaines”.

Huit cas, dont trois mortels, ont été recensés parmi les passagers du navire battant pavillon néerlandais, qui naviguait de l’Argentine vers le Cap-Vert, a-t-il précisé lors d'une conférence de presse à Genève.

“Cinq des huit cas ont été confirmés comme hantavirus et les trois autres sont suspects”, a-t-il précisé, ajoutant que l’agent pathogène identifié est le virus Andes, “la seule espèce connue capable d’une transmission limitée entre humains”.

“Dans les précédentes flambées, la transmission entre personnes a été associée à des contacts étroits et prolongés”, notamment “parmi les membres d’un même foyer, les partenaires intimes et les soignants”, a expliqué le Directeur général de l’Agence onusienne.

Le premier malade, “un homme ayant développé des symptômes le 6 avril”, est mort le 11 avril à bord sans avoir été testé, “le hantavirus n’ayant pas été suspecté”. Son épouse, débarquée à Sainte-Hélène alors qu’elle présentait elle aussi des symptômes, est décédée le 26 avril après un vol vers Johannesburg, où “des analyses ont confirmé le hantavirus”.

Une autre passagère est morte le 2 mai, tandis qu’un homme évacué depuis l’île de l’Ascension vers l’Afrique du Sud “reste en soins intensifs”, même si son état s’améliore, a ajouté la directrice par intérim du département de la gestion des menaces épidémiques et pandémiques de l’OMS, Maria Van Kerkhove.

Trois autres passagers symptomatiques ont été transférés vers les Pays-Bas, “dans un état stable”, tandis qu’un huitième cas a été confirmé à Zurich, où “le séquençage a confirmé qu’il s’agissait du virus Andes”.

Mme Kerkhove a relevé que l’OMS recevait encore “des signalements de cas suspects potentiels” liés au navire, qui font l’objet d’une évaluation “au cas par cas” par les autorités sanitaires nationales afin de déterminer le niveau d’exposition et l’apparition éventuelle de symptômes.

Elle a souligné que l’identification du cas suisse résultait précisément de ce suivi, le passager concerné ayant été “immédiatement isolé et testé” après avoir signalé des symptômes.

Interrogée sur le risque de pandémie, elle a insisté sur le fait que “ce n’est pas le COVID, ce n’est pas la grippe”, le virus Andes se transmettant “très différemment”, essentiellement lors de contacts étroits ou de soins apportés aux malades.

Selon elle, “aucune autre personne symptomatique” n’a été détectée parmi les passagers et les membres d’équipage restés à bord, ce qui constitue “un bon signe”, même si la longue incubation impose une surveillance étroite.

Les autorités ont demandé aux passagers de rester confinés dans leurs cabines, désinfectées, avec port du masque médical lors des déplacements à titre de précaution, tandis qu’un équipement de protection renforcé est recommandé pour les soignants.

Revenant sur la décision d’autoriser le navire à accoster aux Îles Canaries, le DG de l'OMS a expliqué avoir personnellement adressé une demande au Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, dans le cadre du Règlement sanitaire international, saluant “la solidarité” et “le devoir moral” de Madrid envers les personnes à bord.

“Nous comprenons les inquiétudes” exprimées localement, a-t-il ajouté, soulignant que “le risque pour les habitants des Canaries est faible”.

De son côté, le directeur du département de la coordination des alertes et des réponses de l’OMS, Abdirahman Mahmud, a affirmé que l’Organisation travaillait avec les autorités espagnoles, britanniques, néerlandaises et le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies afin d’assurer “une approche commune fondée sur les données scientifiques, la solidarité et l’équité”.

Il a indiqué qu’un “plan clair de débarquement” avait été élaboré pour éviter tout risque supplémentaire de transmission, tout en soulignant que “le risque global reste minimal”.

Face à cette situation, l’OMS a salué “la solidarité technique mondiale” mobilisée autour de l’événement, avec la participation d’experts internationaux du hantavirus et l’envoi de tests diagnostiques et de réactifs vers l’Espagne afin d’appuyer les investigations en cours.

MAP

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