L'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) prend part à la 31e édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL) de Rabat avec deux tables rondes consacrées aux dynamiques contemporaines de la création littéraire en français et aux conditions de sa pleine circulation dans l'espace francophone.
Selon un communiqué de l’organisation basée à Paris, ces tables rondes complémentaires, prévues respectivement lundi et mardi, « croisent la perspective des professionnelles de l'édition et celle des écrivains accompagnés par l'OIF à travers le Prix des cinq continents de la Francophonie ».
Axée sur « Le livre francophone, entre vitalité et fragiles équilibres », la première rencontre examinera les conditions réelles de la circulation des œuvres dans l'espace francophone.
« Entre dynamisme de la création et fragilité des chaînes de production et de diffusion, entre ancrage territorial et enjeux de découvrabilité à l'échelle internationale, la filière du livre francophone traverse des transformations qui appellent une réflexion partagée », relève le communiqué, précisant que la table ronde sera une occasion pour des professionnelles de l'édition marocaine et de l’OIF de croiser leurs perspectives sur la circulation des œuvres, la place de la traduction dans le dialogue des cultures et les leviers d'une bibliodiversité effective.
La seconde table ronde réunira deux voix accompagnées par le Prix des cinq continents de la Francophonie, qui distingue depuis vingt-cinq ans une œuvre de fiction d'expression française portant un authentique dialogue des cultures.
Les deux auteurs, en l’occurrence Alexandre Lenot (France-Égypte-États-Unis), lauréat du Prix des cinq continents 2026 pour « Cette vieille chanson qui brûle » (éditions Denoël) et Khalid Lyamlahy (Maroc), mention spéciale du Prix des cinq continents 2024 pour « Évocation d'un mémorial à Venise » (éditions Présence africaine), échangeront autour de la thématique « La langue comme demeure : écrire l'autre, habiter le monde ».
D’après l’OIF, ce dialogue mettra en regard deux écritures « que tout oppose dans la forme et que rapproche une même exigence : écrire en français depuis le bord du silence, là où les vies s'effacent ».
« De la noyade oubliée d'un jeune réfugié gambien dans le Grand Canal de Venise à la voix d'un fils marchant vers son père au creux d'une forêt française, la conversation interrogera ce que la langue partagée fait à l'altérité et ce que la diversité des écritures francophones fait à la langue », précise le communiqué.
L’OIF inscrit sa présence au SIEL dans une politique structurée qui « intervient à chaque étape de la chaîne du livre », notant qu’en 2025, 113 éditeurs issus de 19 pays ont été formés aux métiers du livre (gestion des droits, découvrabilité, diffusion, distribution, formations intelligence artificielle, marketing digital) mais également à une meilleure collaboration entre les opérateurs de l’espace francophone.
L’instance francophone qui évoque également sa contribution à l’organisation de 560 rendez-vous professionnels, aboutissant à 149 cessions de droits, 18 coéditions et 67 collaborations éditoriales suite à la tenue du Forum des éditeurs jeunesse d’Afrique (FEJA), assure que ces actions démontrent son engagement constant en faveur d’un espace francophone du livre « équitable et pleinement polycentrique », attentif aux réalités des professionnels du secteur et aux mutations profondes des pratiques culturelles et éditoriales, comme tient à le souligner Mme Haoua Acyl, Représentante de l’OIF pour l’Afrique du Nord, qui sera présente à cette 31e édition du SIEL, coïncidant cette année avec l’initiative de l’Unesco « Rabat, Capitale mondiale du livre de 2026 », conclut la même source.
MAP
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