Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a organisé, vendredi, en partenariat avec la Présidence du Ministère public, une rencontre pour présenter le bilan et les réalisations du pouvoir judiciaire en 2025, dans le cadre des journées d'étude du 13e Salon international de l'édition et du livre (SIEL) de Rabat, sous le thème "La justice au service du citoyen".
Cette session, qui s'est déroulée en présence de représentants de l'Inspection générale des affaires judiciaires et de l'Institut supérieur de la magistrature, s'inscrit dans le cadre de la participation du CSPJ et de la Présidence du Ministère public au SIEL avec un stand commun et des activités culturelles reflétant l'action des deux institutions et illustrant la convergence de leurs objectifs et programmes en matière de soutien de l'indépendance du pouvoir judiciaire, de renforcement de la confiance du citoyen et d'amélioration de l'efficacité judiciaire.
A cette occasion, le secrétaire général du CSPJ Mounir El Montassir Billah a souligné que cette rencontre découle de la conviction du Conseil quant à l'importance de la culture juridique pour ancrer la conscience des droits et libertés, précisant que la connaissance joue un rôle central dans le renforcement de la confiance en la justice et de son rayonnement sociétal.
Elle traduit également l'engagement du CSPJ à bien informer sur son travail, ses réalisations et ses programmes futurs, en application de son plan stratégique de communication basé sur l'ouverture et l'interaction positive avec toutes les propositions visant à enrichir et à améliorer les connaissances, a-t-il ajouté.
M. El Montassir Billah a expliqué que l'année 2025 a été le prolongement du processus de réforme profonde engagé par le Conseil, à travers le poursuite de la mise en œuvre de son plan stratégique 2021-2026 qui touche à sa fin, notant que cette phase a permis de réaliser une transition qualitative, passant de l'étape de la construction et du parachèvement institutionnel à une phase de maturité axée sur le développement de la performance judiciaire et de sa capacité à répondre aux attentes des citoyens.
L'année précédente a connu également un renforcement des ressources humaines et de la situation professionnelle des magistrats dont l'effectif a atteint 5.141 membres au 30 avril 2026 (une hausse de 22 % par rapport à 2020) avec une progression notable de la représentativité féminine à 28 % incluant 26 femmes à des postes de responsabilité alors que l'efficacité judiciaire s'est nettement améliorée avec un délai moyen de traitement ramené à 45 jours et une baisse significative au sein des Cours d'appel et des tribunaux de commerce, a-t-il soutenu.
De son côté, le secrétaire général de la Présidence du Ministère public, Ahmed Ouali Alami, a révélé lors de la présentation des réalisations de l'institution que l'année 2025 a enregistré une transformation remarquable avec l'adoption des "plaintes électroniques" dont le nombre a atteint 11.114 sur un total de 24.112 enregistrées auprès de la Présidence du Ministère public, notant que l'efficacité judiciaire au niveau des tribunaux s'est améliorée avec l'enregistrement de 574.972 plaintes et une hausse du taux d'exécution de 5,7 % ainsi qu'une une baisse de 25,6 % des dossiers en instance.
Il a en outre relevé que 2025 a connu l'examen et le traitement de 2.320.092 procès-verbaux, reflétant une lourde charge professionnelle pour les magistrats du parquet, alors que la détention préventive a reculé de 29,17%.
Le vice-inspecteur général de l'Inspection générale des affaires judiciaires, Hassan El Hadri, a rappelé le rôle de cette institution en tant que structure relevant du CSPJ, investie des missions de renforcement de l'indépendance du pouvoir judiciaire et d'ancrage des valeurs de probité, de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion du service judiciaire, tout en veillant à l'indépendance fonctionnelle sous la supervision de l'inspecteur général.
Le bilan, a-t-il affirmé, reflète une évolution concrète des indicateurs de performance, précisant que l'Inspection a atteint un chiffre record dans le traitement des dossiers d'enquête (92 %) et a finalisé les rapports de 22 dossiers relatifs à des menaces d'atteinte à l'indépendance des juges, avec un taux d'achèvement de 100 %.
De son côté, le directeur général de l'Institut supérieur de la magistrature Abdelhanine Touzani a indiqué que l'institution entend opérer une transition stratégique d'un établissement de formation traditionnel à une structure pionnière en matière de production des connaissances juridiques.
Dans une allocution lue en son nom par Ilias Belkaid, juge chargé de mission à l'Institut, M. Touzani a souligné que la vision de cette institution entend s'ériger en "créatrice de compétences" et à "reconfigurer" la mentalité judiciaire en phase avec l'esprit de l'époque et les évolutions de la justice numérique.
Il a ajouté que le "juge de demain" est appelé à dépasser la simple maîtrise des textes et se doter d'outils analytiques complexes en s'ouvrant sur les domaines de l'économie numérique, de l'intelligence artificielle et du système universel des droits de l'Homme.
Le programme des journées d'étude du CSPJ inclut d'autres sessions sur la femme et la justice, la jstice et l'investissement", le rôle de la justice dans la protection de la sécurité foncière et la moralisation de la vie publique, la justice et les transformations numériques et la protection juridique et judiciaire de l'enfant" ainsi que les peines alternatives.
MAP
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