Le chercheur marocain en histoire et civilisation, Mohamed Zine El Abidine El Hossaini, a présenté, vendredi dans le cadre d’un congrès international à Tunis, un aperçu des contributions scientifiques de l’Université Al Qaraouiyine de Fès et de son rôle dans le développement de la médecine dans le bassin méditerranéen.
Intervenant à l’occasion du 50e Congrès international d’histoire de la médecine, organisé par la Société internationale d’histoire de la médecine, en collaboration avec la Société tunisienne d’histoire de la médecine et de la pharmacie et la Faculté de médecine de Tunis, le chercheur marocain s’est appuyé sur des manuscrits et des documents historiques attestant de la contribution de savants issus de l’Université Al Qaraouiyine au développement de différentes spécialités médicales.
L’enseignement de la médecine à l’Université Al Qaraouiyine reposait sur des fondements et des méthodes scientifiques rigoureux, dispensés par d’éminents savants qui privilégiaient l’expérimentation et l’observation, a-t-il expliqué dans une déclaration à la MAP en marge du congrès.
Parmi ces savants, M. El Hossaini a notamment cité Abou Al-Qasim Al-Zahrawi (Abulcasis), auteur de la célèbre encyclopédie médicale "Al-Tasrif li-man ajiza an al-ta'lif", (qui couvre l'ensemble des connaissances médicales de l'époque, concernant la pharmacopée, le régime et la dermatologie, avec une section majeure consacrée à la chirurgie, ndlr), ainsi qu’Ibn Zohr (Avenzoar), auteur de l’ouvrage "Al-Taysir fi al-modawat wa al-tadbir" (un livre simplifiant la thérapeutique et la diététique, ndlr).
Al-Zahrawi ne s’était pas limité à la description théorique des pratiques médicales, contrairement à de nombreux savants de son époque, mais il avait plutôt eu recours à des dessins et à des illustrations explicatives, notamment dans le domaine de la médecine dentaire, en particulier pour les techniques d’alignement et de fixation des dents, ainsi que pour l’élimination du tartre et des dépôts calcaires, a-t-il précisé, ajoutant qu’Ibn Massawayh avait adopté une démarche similaire dans le domaine de l’ophtalmologie.
Il a, dans ce contexte, mis l’accent sur la nécessité d’accorder une attention particulière aux manuscrits et aux documents historiques relatifs à l’Université Al Qaraouiyine, compte tenu de leur grande valeur scientifique et patrimoniale.
Le chercheur a notamment appelé à intégrer ce patrimoine documentaire dans les programmes universitaires, afin de permettre aux étudiants de découvrir la richesse de cet héritage scientifique et d’en tirer profit.
Organisé sous le thème "la médecine et les peuples de la Méditerranée", ce congrès, qui a réuni de nombreux chercheurs et experts internationaux, a compris plusieurs séances consacrées à des thématiques variées, notamment l’histoire des pratiques médicales et pharmaceutiques à travers les siècles dans le bassin méditerranéen, les sources antiques de la médecine méditerranéenne, la médecine carthaginoise et romaine en Afrique du Nord, ainsi que la médecine arabo-islamique.
Les discussions ont également porté sur l’histoire de la pharmacie et des médicaments, l’évolution des hôpitaux et des établissements de santé, ainsi que sur l’éthique médicale et les législations régissant la pratique de la médecine à travers les époques.
Par ailleurs, les participants à cette rencontre scientifique, dont les travaux se sont achevés vendredi, ont examiné plusieurs questions liées à la circulation et aux échanges des savoirs médicaux entre les deux rives de la Méditerranée, avec un focus sur la traduction des ouvrages médicaux et la transmission des théories thérapeutiques entre les différentes civilisations méditerranéennes.
Les chercheurs ont, en sus, abordé l’histoire des épidémies et des mesures de quarantaine, dans le but de mieux comprendre la manière dont les populations méditerranéennes ont fait face aux grandes pandémies au fil des siècles.
MAP
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