L'expérience marocaine en matière de rénovation urbaine et de réhabilitation des bâtiments menaçant ruine a été mise en lumière, dimanche à Fuzhou, dans la province chinoise du Fujian, à l'occasion de la célébration de la Journée mondiale des villes 2026.
Intervenant lors d'un panel consacré aux mécanismes de planification et de gouvernance en faveur d'une régénération urbaine inclusive et d'un logement adéquat, la directrice générale de l'Agence nationale pour la rénovation urbaine et la réhabilitation des bâtiments menaçant ruine (ANRUR), Azhar Ktitou, a présenté les principales avancées réalisées par le Royaume dans ce domaine, mettant en avant une approche intégrée fondée sur la prévention des risques et l'anticipation des interventions.
La responsable a souligné que le Maroc a opéré un changement de paradigme dans le traitement des bâtiments menaçant ruine, passant d'une logique essentiellement curative à une démarche axée sur l'identification précoce des risques et la planification des opérations de sécurisation et de réhabilitation.
Mme Ktitou a, dans ce cadre, mis en exergue les dispositions de la loi n° 94-12 relative aux bâtiments menaçant ruine et à l'organisation des opérations de rénovation urbaine, qui définit les responsabilités des différents intervenants et encadre les procédures de diagnostic, de sécurisation et d'intervention, aussi bien dans les situations ordinaires que dans les cas d'urgence.
Elle a également présenté le rôle de l'ANRUR dans la coordination des acteurs institutionnels et territoriaux, ainsi que dans l'accompagnement des collectivités territoriales dans la conception et la mise en œuvre de projets de rénovation urbaine adaptés aux spécificités locales.
Insistant sur la dimension humaine de ces opérations, la directrice générale a souligné la nécessité d'associer les habitants et le tissu associatif dès les phases de diagnostic et de conception des projets, tout en prévoyant des mécanismes d'accompagnement social au profit des populations concernées.
Elle a, par ailleurs, relevé plusieurs contraintes qui continuent de complexifier la mise en œuvre des projets, notamment les situations foncières difficiles, la multiplicité des propriétaires et des intervenants institutionnels, ainsi que les enjeux sociaux liés au relogement et aux capacités financières des ménages.
Face à ces défis, Mme Ktitou a plaidé pour des solutions différenciées, tenant compte des particularités de chaque territoire, afin de faire de la rénovation urbaine un levier de transformation durable des quartiers, d'amélioration du cadre de vie des citoyens et de renforcement de la résilience urbaine.
Le panel, qui a connu la participation des représentants de l’ambassade du Royaume en Chine, a réuni des experts et des responsables internationaux autour des enjeux de planification urbaine, de gouvernance foncière et d'accès à un logement adéquat, avec un intérêt particulier pour approches conciliant renouvellement urbain, inclusion sociale et développement durable.
Célébrée chaque année le 31 octobre, la Journée mondiale des villes, proclamée par les Nations Unies, vise à promouvoir l'intérêt pour l'urbanisation durable et à encourager la coopération internationale face aux défis urbains. L'édition 2026, organisée à Fuzhou, met l'accent sur les approches de planification et de gouvernance favorisant des villes plus inclusives, résilientes et durables.
MAP
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