Le patrimoine culturel commun entre le Maroc et le Yémen mis en exergue à Rabat

Le patrimoine culturel commun entre le Maroc et le Yémen mis en exergue à Rabat

Les relations entre le Maroc et le Yémen, ainsi que leur patrimoine culturel commun, fondé sur la richesse de leur héritage civilisationnel, ont été mis en exergue lors d’un colloque tenu mercredi à Rabat.

Organisée par l’ambassade de la République du Yémen au Maroc, en partenariat avec la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales (FSJES) de Souissi, relevant de l’Université Mohammed V de Rabat, dans le cadre de "La Journée culturelle maroco-yéménite", cette rencontre a porté sur les liens historiques et civilisationnels entre les deux pays, ainsi que l’importance d’explorer et de valoriser leurs convergences culturelles, en vue de renforcer la coopération bilatérale dans les différents domaines d’intérêt commun.

À cette occasion, l’ambassadeur du Yémen au Maroc, Ezzedine Saïd Ahmed Al Asbahi, a affirmé que les relations maroco-yéménites se distinguent par leur singularité et leur profondeur civilisationnelle et humaine, malgré la distance géographique séparant les deux pays, passant en revue l’histoire des principales étapes d’évolution des liens diplomatiques bilatéraux.

Il a, également, mis en évidence les liens culturel, historique et géographique liant les deux peuples, mettant en avant la qualité des relations politiques basées sur le respect mutuel.

Évoquant plusieurs sources historiques et travaux de recherche consacrés aux liens ancestraux entre le Yémen et le Maroc, le diplomate yémnite a précisé que les mouvements migratoires réciproques avaient contribué à renforcer les relations bilatérales.

De son côté, le doyen de la FSJES de Souissi, Omar Hniche, a estimé que le patrimoine commun aux deux pays recèle une richesse historique et humaine considérable et ouvre des perspectives prometteuses pour renforcer la coopération et le rapprochement entre les deux peuples, à travers une meilleure connaissance mutuelle et une relecture des liens civilisationnels et culturels qui les unissent.

M. Hniche a, dans ce sens, ajouté que les relations maroco-yéménites dépassent le cadre des liens officiels et des intérêts de la coopération bilatérale pour englober des dimensions culturelles et humaines profondes, contribuant à leur pérennité et à la dissipation des stéréotypes et préjugés potentiels.

Le Maroc et le Yémen partagent un patrimoine civilisationnel commun, fondé notamment sur la langue arabe, la religion musulmane, l'attachement au savoir et à l'identité, a-t-il souligné, notant que cet héritage comprend également un riche patrimoine littéraire et poétique, des contes populaires, ainsi que des valeurs communes.

Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la coopération universitaire et culturelle entre les deux pays pour préserver ce patrimoine et assurer sa transmission aux générations montantes.

Pour sa part, l’écrivain et chercheur universitaire Hassan Tariq a affirmé que la culture est devenue un moyen essentiel de gestion des relations internationales et de construction de la confiance entre les sociétés, expliquant que ces relations ne sont plus régies uniquement par les intérêts économiques et politiques, mais sont désormais profondément liées aux questions d’identité, de mémoire et de migration.

Il a, dans ce cadre, indiqué que l’approche des problématiques complexes liées à la mémoire et à l’identité exige d’accorder une importance majeure à la dimension culturelle, afin de renforcer les valeurs de compréhension mutuelle et de rapprochement entre les peuples.

Après avoir relevé que la diplomatie culturelle avait dépassé sa conception traditionnelle, consistant à faire connaître la culture d’un pays à d’autres nations, pour devenir un moyen de bâtir la confiance et de façonner les relations internationales, M. Tariq a insisté sur le fait que l’ancrage de cette confiance passe avant tout par la transmission de connaissances complexes.

Une telle démarche est de nature à contribuer à la construction d’une mémoire collective fondée sur la compréhension mutuelle, a-t-il noté, soulignant l’importance de valoriser le patrimoine culturel commun, en tant que héritage humain transmis de génération en génération.

Abordant les défis que le nouvel espace de communication pose à la diplomatie culturelle, M. Tariq a estimé que les algorithmes influencent désormais la perception des pays auprès de l’opinion publique, mettant en exergue les enjeux liés à la "souveraineté narrative".

MAP

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