Des groupes et des groupements à la Chambre des Conseillers ont appelé, mercredi, à répondre favorablement aux attentes sociales des citoyens et à clarifier les mécanismes de mise en œuvre des engagements relatifs à l'emploi, à l'amélioration des revenus et à la protection sociale contenus dans le programme gouvernemental.
Ils ont insisté, lors d'une séance plénière consacrée à la discussion du programme gouvernemental, sur la nécessité de prendre des mesures appropriées pour préserver le pouvoir d'achat, faciliter l'accès à la couverture médicale, améliorer la situation de la femme travailleuse et réformer les régimes de retraite, soulignant l'importance de l'institutionnalisation du dialogue social et de l'implication des syndicats dans l'élaboration des politiques et des législations relatives au secteur de l’emploi.
À cet égard, le groupe du Rassemblement National des Indépendants (RNI), siégeant dans l'opposition, a mis l'accent sur l'importance de s'assurer du "réalisme des engagements figurant dans le programme gouvernemental, de leur faisabilité et de leur capacité à répondre aux attentes des citoyens", affirmant sa détermination à exercer une "opposition responsable, constructive et objective" et à assumer sa responsabilité dans le contrôle et le suivi de l'action du gouvernement, animé par le souci de préserver "l'intérêt suprême du pays".
Concernant l'emploi, le groupe s'est interrogé sur la suffisance des programmes de formation et de gestion pour honorer l'engagement de créer un million d'emplois.
S'agissant du pouvoir d'achat, le groupe a noté que le programme gouvernemental, bien qu'il ait érigé ce chantier en priorité, "ne prévoit pas, à l'exception de quelques mesures de soutien social, d'autres dispositions urgentes pour faire face à cette problématique", s'interrogeant sur les mesures prévues pour baisser les prix des produits de grande consommation.
Pour sa part, le groupe Haraki (opposition) a appelé à la mise en oeuvre de nouveaux critères dans la révision de l'indice adopté dans le cadre du chantier de la protection sociale et à la création d'une commission spéciale chargée d’examiner les cas spécifiques.
Le groupe a insisté sur la nécessité de trouver un "compromis" permettant de faciliter l'adhésion des travailleurs du secteur informel à la couverture médicale, d'augmenter le budget consacré au secteur de la santé et d'améliorer la qualité des services offerts aux citoyens.
Dans le domaine de l'enseignement, le groupe Haraki a mis l'accent sur la nécessité de procéder à une évaluation du programme des écoles pionnières et d'explorer les moyens d'atténuer le coût de l'enseignement privé, tout en exigeant une vision claire du gouvernement quant à la hausse progressive de la pension minimale à 3.000 DH et lier cet engagement à la réforme structurelle des caisses de retraite "dont la situation ne permet aucune attente".
De son côté, le groupe de l'Union marocaine du travail (UMT) a fait part de ses attentes concernant l'amélioration de la situation des femmes, notamment la femme travailleuse, à travers des mesures pratiques qui garantissent l'égalité et les conditions d'un travail décent.
Le groupe parlementaire a salué la nouvelle appellation du ministère de l'Emploi et du dialogue social, estimant qu'elle exprime la volonté d'accorder plus d'importance au dialogue social et de l'ériger en un mécanisme essentiel pour trouver des solutions et mettre en œuvre les engagements.
Dans ce sens, il a souligné l'importance d'asseoir un véritable dialogue social, qui constitue une base aux niveaux local, régional, national et sectoriel, permettant à la classe ouvrière de contribuer à la mise en œuvre des politiques publiques et garantissant le respect des accords sociaux et la participation du mouvement syndical dans l'élaboration des politiques et législations propres au monde du travail.
Le groupement de la Confédération démocratique du travail (CDT) a appelé, quant à lui, à l'instauration d'une réforme fiscale globale à même de rendre justice aux bas et moyens salaires et qui garantit une contribution équitable des grands profits, notant, à cet égard, l'absence, dans le programme gouvernemental, de l'engagement pour l'augmentation générale des salaires et pensions.
L'accent a été également mis sur la nécessité d'institutionnaliser le dialogue social en une loi cadre, à même de définir ses règles et niveaux et garantir sa périodicité et son caractère obligatoire, ainsi que le suivi de sa mise en œuvre.
Concernant le dossier de la retraite, le groupement a appelé à mener une réforme juste à travers une négociation effective avec les syndicats, garantissant la durabilité des régimes, l'amélioration des pensions et la protection des droits et des acquis, mettant en exergue le lien étroit de cette durabilité avec l'élargissement de la base de l'emploi stable et déclaré.
MAP
Programme gouvernemental: des groupes et des groupements à la Chambre des Conseillers appellent à répondre favorablement aux attentes sociales des citoyens
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