La résilience face aux catastrophes naturelles doit commencer au sein des foyers, grâce à des logements plus sûrs, à une meilleure préparation des ménages et à des systèmes d'alerte précoce accessibles à tous, ont souligné mardi à Genève des représentants d'agences onusiennes à l'occasion de la Journée internationale pour la réduction des risques de catastrophe.
Dans un message rendu public à cette occasion, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a insisté sur le thème retenu cette année, "La résilience commence chez soi", en ce sens que la sécurité commence là où nous vivons et la préparation au niveau des ménages - comprendre les risques, disposer d’un plan et agir rapidement - peut faire la différence entre la vie et la mort.
En effet, le logement représente 43 % des pertes économiques directes dues aux catastrophes déclarées par les pays dans le cadre du dispositif de suivi du Cadre de Sendai, ce qui souligne la nécessité d'investir davantage dans la sécurité des habitations et la préparation des ménages, a déclaré Jeanette Elsworth, représentant le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), lors d'un point de presse.
La résilience ne concerne pas uniquement les bâtiments, mais également les personnes, a-t-elle fait valoir, en citant de nouvelles données du World Risk Poll 2026 de la Fondation Lloyd’s Register, présentées mardi à Londres.
Selon ces résultats, parmi les personnes ayant reçu une alerte précoce lors d'une catastrophe, seules 27 % de celles qui ne disposaient ni d'un plan familial d'urgence ni de la confiance nécessaire pour protéger leurs proches et elles-mêmes ont pu agir en conséquence. À l'inverse, cette proportion atteignait 83 % chez les personnes disposant à la fois d'un plan et de la confiance nécessaire pour réagir.
Les résultats mettent aussi en évidence des inégalités entre les groupes de revenus et soulignent l'importance de garantir à tous les ménages l'accès aux informations sur les risques, aux alertes précoces et aux ressources nécessaires pour se protéger.
L'UNDRR appelle ainsi les gouvernements, le secteur privé et les communautés à placer la résilience des logements au cœur des efforts de réduction des risques de catastrophe, notamment en construisant dans des zones plus sûres, en faisant respecter les normes de construction résiliente et en renforçant les habitations existantes.
Le message est clair : réduire les conséquences des catastrophes nécessite à la fois des logements capables de résister aux chocs et des ménages préparés à agir, a déclaré Mme Elsworth, estimant que la protection des communautés exigeait des habitations conçues pour durer et des populations en mesure de réagir.
De son côté, Maria Moita, directrice du département de la Réponse humanitaire et de la récupération à l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), a rappelé que, pour de nombreuses familles, la fin d'une catastrophe ne marquait que le début d'un long combat pour rentrer chez elles, retrouver leurs moyens de subsistance et reconstruire leur vie.
Les mesures prises avant une catastrophe peuvent en réduire les conséquences, tandis que celles mises en œuvre après l'événement déterminent en partie la rapidité avec laquelle les populations peuvent se relever et retrouver leur dignité, a-t-elle expliqué.
En 2025, l'OIM a aidé 1,4 million de personnes dans 39 pays au moyen de programmes de réduction des risques de catastrophe, soutenu 1.194 communautés et contribué à étendre la couverture des systèmes d'alerte précoce à plus de 1,2 million de personnes, a précisé Mme Moita.
Ces investissements ont permis aux communautés de mieux se préparer, de protéger les vies et les moyens de subsistance et de réduire les risques de déplacement.
Selon elle, les crises récentes au Népal, au Venezuela et en Colombie ont souligné la nécessité d'intégrer le relèvement dès les premières interventions d'urgence. L'accès à des informations fiables, la réparation des logements, le rétablissement des services essentiels et la relance des moyens de subsistance sont déterminants pour aider les populations à se reconstruire et éviter la prolongation des déplacements.
Ces expériences plaident pour une meilleure coordination entre prévention, réponse d'urgence et relèvement, ainsi que pour des investissements durables dans les systèmes d'alerte précoce et la résilience des communautés, a conclu Mme Moita.
MAP
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