Le Maroc mise sur la souveraineté et la célérité pour accélérer son développement numérique, en faisant de la maîtrise des infrastructures, des données, du calcul et des modèles technologiques un enjeu stratégique, a affirmé, jeudi à Tanger, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni.
Intervenant lors de la 8e édition des Assises de l’Association des Utilisateurs des Systèmes d’Information au Maroc (AUSIM), placée sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, la ministre a animé un keynote sous le thème "AI made in Morocco, la célérité d’une conquête de souveraineté", mettant en avant la nécessité d’accélérer la transformation numérique du Royaume.
Mme El Fallah Seghrouchni a, à cette occasion, qualifié la souveraineté numérique de "souveraineté invisible", soulignant qu’elle constitue désormais un enjeu stratégique pour le développement du pays.
Elle a expliqué, à cet égard, que le numérique constitue aujourd’hui un préalable au développement de l’ensemble des secteurs, de par son caractère transversal, relevant que la maîtrise du numérique, des infrastructures et des différentes couches technologiques est devenue indispensable à l’édification d’un État numérique et au développement économique et social du pays.
La ministre a, par ailleurs, présenté les avancées du ministère en matière de développement numérique, ainsi que les orientations engagées dans le domaine de l’intelligence artificielle (IA), en faveur d’une IA "frugale, inclusive et responsable", développée au Maroc, pour le Maroc et ouverte sur l’international.
Cette ambition, a-t-elle enchaîné, s’inscrit dans la feuille de route "Maroc IA 2030", qui vise notamment à contribuer à hauteur de 100 milliards de dirhams au Produit intérieur brut (PIB) à l’horizon 2030, précisant qu’elle repose sur un écosystème articulant infrastructures souveraines, capacités nationales de calcul, données, plateformes publiques, cadre juridique, innovation, talents et coopération internationale.
Mme El Fallah Seghrouchni a également insisté sur la nécessité d’agir avec célérité, dans un contexte marqué par une concentration sans précédent des investissements dans l’IA et par une course mondiale à la maîtrise du calcul et des capacités technologiques, relevant que, pour le Maroc et le continent africain, cette célérité doit permettre de tirer parti de l’effet de "leapfrog", à condition de réunir quatre facteurs essentiels : l’énergie, le calcul, les données et les talents.
S’agissant des prochaines étapes, la ministre a identifié cinq chantiers prioritaires : mettre en service les capacités souveraines de calcul et en faciliter l’accès aux chercheurs et aux startups, faire aboutir le cadre juridique et institutionnel, notamment en matière d’IA, développer des modèles en arabe, en darija et en amazighe avant de s’ouvrir aux langues africaines, former et certifier les talents à grande échelle, et passer progressivement du numérique à l’agentique dans les services publics.
La ministre a, dans ce sens, souligné que "AI Made in Morocco" traduit la volonté du Royaume de "concevoir, et pas seulement utiliser", tout en faisant le choix de ne pas attendre.
Dans une déclaration à la presse, le président de l’AUSIM, Mohamed Saad, a souligné que le choix de Tanger pour accueillir cette édition répond à la volonté d’accompagner le passage de l’intelligence artificielle de l’expérimentation à la réalisation et à l’industrialisation, notant que la ville du Détroit, de par ses infrastructures portuaires et industrielles, sa position entre deux mers et deux continents et son ouverture sur plusieurs cultures, constitue un cadre particulièrement significatif pour aborder cette nouvelle étape de l’IA.
Il a relevé que Tanger illustre le "point de bascule entre deux mondes » et incarne l’ambition du Maroc de faire de sa technologie un véritable hub de l’IA en Afrique.
Revenant sur l’évolution des Assises de l’AUSIM, M. Saad a rappelé que cette édition intervient après plusieurs éditions consacrées à différentes thématiques liées au numérique, notamment la data, la blockchain, le machine learning et la transformation digitale.
Il a précisé que l’IA s’est imposée cette année comme une thématique centrale, notamment au regard des interrogations des entreprises sur les moyens de l’intégrer, de l’expérimenter et de la mettre au service de leur développement et de leur croissance, soulignant que cette édition réunit des dirigeants venus partager leurs expériences et présenter des cas concrets d’intégration de l’IA au cœur de l’activité des entreprises.
Placé sous le thème "AIMPOWERING : Par l’innovation, l’intelligence et la souveraineté", cet événement se veut un espace de réflexion et de dialogue entre pairs, réunissant pendant trois jours les principaux professionnels chargés de déployer, d’exploiter et d’arbitrer les technologies au quotidien.
Plénières, keynotes, workshops thématiques et retours d’expérience permettront de croiser les perspectives autour de plusieurs enjeux, notamment l’intelligence artificielle, la création de valeur, la gouvernance des données et la souveraineté technologique.
MAP
Assises de l'AUSIM: Le Maroc mise sur la souveraineté et la célérité pour accélérer son développement numérique (ministre)
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