Les résultats des élections législatives, qui se sont déroulées le 23 septembre dernier, ont fait ressortir une progression de la représentation des jeunes dans la nouvelle composition démographique des membres de la Chambre des représentants.
Ainsi, la proportion des élus âgés de moins de 35 ans s’établit, selon les statistiques publiées par la plateforme "élections.ma", à 9,37% de l’ensemble des membres de la Chambre, contre 8,35% lors de la précédente Législature. Pour leur part, les parlementaires âgés de 35 à 45 ans représentent désormais 14,94%.
La présence des jeunes est encore plus visible au niveau des circonscriptions électorales régionales, où la catégorie des moins de 35 ans arrive en tête de la répartition des élus par tranche d’âge, avec 33,22%, suivie de ceux âgés de 45 à 55 ans, qui représentent 26,67%.
Le renforcement de la participation des jeunes à la vie politique trouve son fondement dans les dispositions de la Constitution. L’article 33 de la Loi Fondamentale prévoit à juste titre la mise en place de mesures appropriées visant à élargir et à généraliser la participation des jeunes dans la dynamique de développement social, économique, culturel et politique en cours dans le Royaume, tout en favorisant leur intégration dans la vie active et associative.
Les dispositions juridiques régissant les échéances électorales ont également contribué à renforcer la présence des jeunes dans la vie politique et électorale à l’échelle nationale, à travers des mécanismes d'incitation qui prévoient, entre autres, de porter à six fois le montant de la dotation accordé pour chaque siège remporté par une jeune femme ou un jeune homme au titre des circonscriptions électorales locales, par rapport au montant alloué à chaque siège obtenu par les autres candidats.
Ces dispositions ont également permis d’abaisser de 40 à 35 ans l'âge maximal des jeunes candidats que les partis politiques doivent placer en tête des listes de candidature présentées dans les circonscriptions électorales régionales et locales, afin de pouvoir bénéficier du soutien public.
Expliquant cette évolution, Atiq Essaïd, professeur de droit public et de sciences politiques à l’Université Cadi Ayyad à Marrakech, a relevé que les nouveautés juridiques introduites par le nouveau système électoral ont incité les partis politiques à présenter un nombre élevé de jeunes candidats et à renforcer la place de cette catégorie sociale notamment au sein des structures partisanes.
La simplification des procédures et l'adoption de la transformation digitale pour fournir des services et informations liés au processus électoral ont contribué, aux côtés des différents mécanismes juridiques, financiers et institutionnels mis en place, à élargir les possibilités de participation des jeunes et à renforcer leur représentation politique, a-t-il déclaré à la MAP, notant que la présence renforcée des jeunes au sein du Parlement renseigne sur une évolution tangible dans le processus d'élargissement de la participation politique et de renouveau des élites élues.
Pour lui, cette évolution favorise aussi une confiance renforcée dans les institutions et un rapprochement des jeunes de l’action politique et partisane, en passant de la simple expression des aspirations et des attentes à une participation institutionnelle effective et une contribution accrue à la prise de décision au sein de l’institution parlementaire.
Au-delà de sa dimension quantitative, cette dynamique présente également des enjeux liés à la capacité de la jeunesse à contribuer à ce renouveau au sein des élites parlementaires et à enrichir le débat législatif.
Sur ce point, M. Essaïd a fait observer que la présence des jeunes au sein des institutions élues est susceptible de contribuer à enrichir le débat parlementaire, en transmettant les préoccupations des jeunes générations et en présentant de visions en phase avec leurs priorités et leurs aspirations, ce qui permet ainsi d’aborder de nouvelles questions au diapason des mutations profondes que connaît la société.
Il a également relevé que la participation des jeunes pourrait constituer un levier pour revitaliser la pratique parlementaire et développer des mécanismes de communication entre les institutions et les différentes générations, tout en permettant aux jeunes de contribuer de manière effective à la réalisation du développement durable, à travers des propositions concrètes, réalistes et applicables à court et moyen termes.
Ainsi, la portée de la représentation des jeunes au sein de la Chambre des représentants ne réside pas uniquement dans l'augmentation de leur présence numérique mais tient également à leur capacité à transformer cette présence en une participation agissante à l'action législative et au contrôle de l'action gouvernementale, ainsi qu'en initiatives reflétant les préoccupations des jeunes générations et contribuant à renforcer leur présence dans le processus de prise de décision.
MAP
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