HACA : publication d'une étude sur "Les réseaux sociaux et la communication politique : entre opportunités d’influence et risques de désinformation"

HACA : publication d'une étude sur "Les réseaux sociaux et la communication politique : entre opportunités d’influence et risques de désinformation"

 Une nouvelle étude intitulée "Les réseaux sociaux et la communication politique : entre opportunités d’influence et risques de désinformation", vient d’être publiée par le groupe de travail "Régulation et médias numériques" de la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA).

Cette nouvelle publication étudie l’impact des plateformes numériques sur la vie démocratique au Maroc, la désinformation, la polarisation algorithmique et la dynamique digitale des partis politiques représentés au Parlement, indique la HACA dans un communiqué.

Elle passe en revue les mobilisations citoyennes ici et ailleurs et qui ont fait des réseaux sociaux des places publiques et propose une analyse des plateformes sociales en tant qu’espace d’expression mais aussi terrain fertile pour la désinformation, la manipulation algorithmique et la polarisation politique, souligne la même source, précisant que cette publication dresse également le portrait d’un Maroc connecté et reconstitue les mécanismes de la désinformation.

"La thématique des réseaux sociaux et démocratie au Maroc s’impose à nous au regard du développement vertigineux des nouvelles technologies. Des défis majeurs liés à la qualité du débat démocratique se posent. Dans le même temps, la désinformation et la manipulation algorithmique représentent une véritable menace et autant de points noirs qui risquent d’affaiblir le débat démocratique ou fausser la perception de réalités politiques", explique Mme Narjis Rerhaye, présidente du groupe de travail "Régulation et médias numériques", citée dans le communiqué.

Mettant en garde contre "une démocratie sous algorithmes", Mme Rerhaye estime que "L’opacité des algorithmes et la concentration du pouvoir entre les mains des grandes plateformes posent un problème de transparence et de contrôle citoyen. La régulation de la transparence, l’éducation au numérique et la diversification des sources d’information constituent des pistes de réponses indispensables".

La dernière partie de cette étude, disponible sur le portail "www.haca.ma", est consacrée à la présence numérique des partis politiques dans 4 réseaux sociaux, à savoir Facebook, X, YouTube et Tik Tok, ainsi que leurs sites web respectifs, note le communiqué, relevant qu’une collecte de la data a été effectuée de janvier à mai 2026 avec pour principal objectif de procéder à une lecture de la dynamique digitale des partis politiques marocains représentés au parlement à l’issue des élections législatives du 8 septembre 2021.

Selon la même source, le périmètre de l’étude a été volontairement délimité de janvier à mai 2026 afin de mener une analyse dans un contexte préservé de l’effervescence électorale et évitant que cette conjoncture et son intensité n’influent sur les données, les résultats et les conclusions de l’étude.

Citant quelques résultats de cette étude, la HACA indique que 2.651 publications postées sur les pages officielles de 12 partis représentés au Parlement sur Facebook ont été examinées. L’étude a également porté sur 925 vidéos publiées sur les comptes de six partis sur TikTok, 507 vidéos publiées par cinq partis présents sur YouTube, ainsi que 1.012 posts publiés par quatre partis sur X, alors qu'une analyse subsidiaire a concerné les sites web des formations politiques objet de l’étude.

D'après l’étude, Facebook demeure un espace central d’échanges et de proximité citoyenne, Tik Tok s’impose comme un vecteur de visibilité virale auprès des jeunes générations, YouTube offre un potentiel narratif et explicatif encore insuffisamment exploité, X se distingue par sa réactivité et sa capacité à relayer rapidement des messages dans l’espace médiatique, tandis que les sites web conservent une fonction institutionnelle et de référence officielle, sans réelle attractivité citoyenne.

Et de souligner qu'à l’échelle nationale, l’impact des réseaux sociaux sur les individus dépendra de la capacité des institutions, de la société civile et des citoyens à promouvoir une culture numérique responsable, à réguler les abus, et à renforcer l’éducation au numérique.

"Le défi marocain est donc d’instaurer sa propre grammaire de régulation/modération, un modèle qui saurait conjuguer le respect des constantes nationales avec les impératifs d’ouverture, d’innovation et de protection des droits individuels", souligne Mme Rerhaye.

Le groupe de travail "Régulation et médias numérique" a publié deux guides : "Être connecté en toute sécurité : pour un usage averti du numérique par les jeunes publics" en 2021 et "Le guide de la lutte contre la désinformation : références, pratiques et outils" en 2022, ainsi que l’étude "Intelligence artificielle et production audiovisuelle et numérique au Maroc- Les effets d’un bouleversement technologique" en 2024 et une bande dessinée "Violences numériques : briser le silence en BD", parue en 2025.

MAP

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