Le Maroc a salué, jeudi, l’adoption de la "Déclaration d’Abou Dhabi", la considérant comme une véritable boussole et une feuille de route ambitieuse pour l’action de la communauté internationale en matière de prévention du crime et de justice pénale au cours des prochaines années, et comme l’expression d’une volonté collective de faire face aux formes nouvelles, émergentes et évolutives de criminalité, dans un esprit de coopération et de responsabilité partagée.
Adoptée par la communauté internationale dès la séance d’ouverture en tant que principal résultat politique et stratégique du 15e Congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et la justice pénale, la "Déclaration d’Abou Dhabi" constitue un cadre de coopération internationale dans les domaines de la justice et de l’État de droit pour les cinq prochaines années.
Elle comprend 18 articles, 67 paragraphes et un cadre unique d’action collective, constituant ainsi une référence internationale pour accélérer l’action dans les domaines de la prévention du crime, de la justice pénale et de l’État de droit.
S’exprimant au nom de la délégation du Maroc lors de la séance de clôture des travaux du Congrès, le Secrétaire général de la Présidence du Ministère public, Ahmed Ouali Alami, a affirmé que le Maroc a pris part à cette rencontre dans un esprit d’ouverture, en partageant son expérience et en tirant profit des expériences des autres, sur la base d’une approche faisant de la prévention, de la coopération, de la dignité humaine, du renforcement institutionnel et de la solidarité internationale des piliers complémentaires de la prévention du crime et de la réalisation de la justice.
Dans ce contexte, M. Ouali Alami a réitéré la disposition du Royaume à poursuivre sa coopération avec les États membres, l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) et les autres partenaires internationaux et régionaux, à partager l’expérience et l’expertise qu’il a acquises et, parallèlement, à tirer profit des expériences et bonnes pratiques présentées lors de ce Congrès.
Il a évoqué, à cet égard, "l’engagement national présenté par le Royaume du Maroc, qui traduit sa volonté de poursuivre les réformes et sa disposition à transformer les engagements que nous partageons ici en programmes, mesures et pratiques mesurables et évaluables".
Au nom de la délégation marocaine, M. Ouali Alami s’est félicité des rencontres tenues en marge du Congrès avec plusieurs délégations, institutions et organisations internationales et régionales, ainsi que des opportunités qu’elles ont offertes pour échanger les expériences et explorer de nouvelles perspectives de coopération, notamment dans les domaines de la justice pénale, de la numérisation, de la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, du renforcement des capacités et de la coopération judiciaire.
Il a relevé que les discussions menées lors de cette 15e session ont permis de partager des expériences prometteuses en matière de prévention, de protection des victimes, de justice centrée sur l’humain, de peines alternatives, de réhabilitation et de réinsertion, de collecte et d’analyse des données, de justice numérique, d’utilisation responsable de l’intelligence artificielle et de renforcement de la coopération judiciaire internationale.
Ces discussions se sont articulées autour d’un principe fondamental, à savoir que la modernisation de la justice ne doit pas lui faire perdre sa dimension humaine et que la technologie, quelles que soient ses capacités, demeure un outil au service de l’être humain et de l’État de droit, et non un substitut aux garanties sur lesquelles repose la justice, a-t-il expliqué.
"Nous avons une responsabilité commune : rendre la justice plus proche de l’être humain, plus à même de protéger les victimes, plus efficace face à la criminalité et mieux préparée aux transformations de l’ère numérique, sans jamais perdre son essence fondée sur la dignité humaine, l’État de droit et la confiance", a-t-il ajouté.
Et de conclure que le véritable défi consiste à passer de la déclaration à la mise en œuvre, de la coordination à la coopération pratique, de l’échange d’expériences au renforcement des capacités et des engagements internationaux à des résultats perceptibles par le citoyen dans sa sécurité, ses droits et sa confiance dans la justice.
Le Congrès, qui constitue le plus grand rassemblement mondial de décideurs politiques, d’organisations de la société civile et d’autres acteurs concernés par la prévention du crime et la justice pénale, visait à renforcer le dialogue et la coopération internationale dans les domaines liés à la prévention du crime, à la justice pénale et à l’État de droit, ainsi qu’à présenter les expériences réussies dans la mise en œuvre de politiques et stratégies globales en la matière, en vue de consolider l’État de droit aux niveaux national et international.
Organisé durant six jours, l’événement a réuni plus de 5.100 participants, avec la présence de plus de 40 ministres de la Justice et 93 intervenants représentant des États et des groupes régionaux, outre 62 participations de haut niveau, dont 46 en présentiel et 16 à distance.
Le Congrès a également été marqué par l’organisation de plus de 170 événements et réunions parallèles, plus de 27 plateformes d’exposition et le lancement de plus de cinq initiatives, permettant aux États, organisations et institutions de présenter leurs expériences, solutions et pratiques en matière de justice centrée sur l’humain, de prévention du crime, de lutte contre la criminalité organisée, cybernétique, financière et environnementale, de protection des victimes, de réhabilitation et de réinsertion sociale, ainsi que d’utilisation responsable des technologies et des données.
MAP
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