Conférence des États parties à la Convention arabe contre la corruption à Doha : le Maroc appelle à passer des engagements aux résultats

Conférence des États parties à la Convention arabe contre la corruption à Doha : le Maroc appelle à passer des engagements aux résultats

Le Maroc a appelé, mercredi à Doha, à opérer un saut qualitatif dans l’action arabe commune en matière de lutte contre la corruption, fondé sur la concrétisation des engagements, l’évaluation des résultats et le renforcement d’une coopération institutionnelle durable, à même de répondre à des risques de corruption de plus en plus complexes, à l’interconnexion croissante des flux financiers et à l’évolution des outils numériques.

Dans une allocution au nom du Royaume devant la 6e session de la Conférence des États parties à la Convention arabe contre la corruption, le président de l’Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC), Mohamed Benalilou, a affirmé que le défi consiste aujourd’hui à façonner une réponse collective capable de faire de cette Convention, au-delà d’un cadre commun d’engagements, un véritable instrument au service de la protection du développement, de la consolidation de l’État de droit et du renforcement de la confiance dans les institutions.

L’enjeu ne réside plus dans la réaffirmation de ce qui a déjà été convenu, mais dans le passage "de l’engagement à la réalisation et du consensus autour des principes à une action commune porteuse de résultats", a-t-il soutenu.

M. Benalilou, qui conduit la délégation marocaine participant à cette conférence, a ajouté que la prochaine étape devrait s’articuler autour de priorités complémentaires, notamment l’activation des mécanismes de la Convention, la consolidation de la prévention ainsi que le suivi et l’évaluation des engagements communs.

Il a, à cet égard, insisté sur l’importance d’accélérer la mise en œuvre du mécanisme d’examen de l’application de la Convention arabe contre la corruption, qui permettra, selon lui, de mesurer objectivement le niveau de mise en œuvre, d’identifier les progrès accomplis et les lacunes, de renforcer les capacités nationales et d’instaurer une culture d’évaluation mutuelle et d’apprentissage collectif, dans le plein respect des spécificités nationales.

Le président de l’INPPLC a également souligné que le Maroc, sous la conduite éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait du renforcement de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption une question concernant à la fois l’État et la société, établissant un lien entre la consolidation de l’État de droit et la protection du processus de développement.

Il a mis en avant, dans ce contexte, la place centrale de la prévention, non pas comme une alternative à la reddition des comptes, mais en tant que capacité institutionnelle permettant d’anticiper les risques, de remédier aux vulnérabilités et de sécuriser la prise de décision et la gestion publiques.

M. Benalilou a, par ailleurs, appelé à développer la coopération arabe en matière de lutte contre la corruption, afin de passer de l’échange d’expériences à la construction d’initiatives communes, de la multiplicité des efforts nationaux à leur complémentarité et d’une coopération ponctuelle à une coopération institutionnelle durable.

Il a, dans ce sillage, réaffirmé la disposition du Maroc à poursuivre son engagement positif dans les efforts arabes de lutte contre la corruption, à partager son expérience et à contribuer au développement des mécanismes de la Convention et à la mise en œuvre des décisions adoptées dans ce cadre.

Le succès de cette session, a-t-il enchaîné, ne se mesurera pas uniquement par les décisions qui seront adoptées, mais également à travrers sa capacité à impulser une nouvelle dynamique faisant de la Conférence des États parties un espace d’orientation de l’action collective et de la coopération arabe une pratique institutionnelle régulière produisant des effets concrets.

La force de la Convention arabe contre la corruption restera tributaire de la capacité des États parties à "transformer ses textes en pratiques, ses engagements en politiques et ses décisions en résultats", a souligné M. Benalilou, exprimant le souhait du Maroc de voir cette session constituer une étape permettant de passer "de la consolidation du cadre à l’activation de ses mécanismes, de l’affirmation de la volonté à l’organisation de l’action et d’une coopération déclarée à une coopération productive d'effets", de manière à soutenir les efforts de développement, consolider l’État de droit et à renforcer la confiance dans les institutions.

Trois jours durant, cette rencontre examine les moyens de renforcer la coordination entre les États parties à la Convention, ainsi que des questions et projets de décisions visant à consolider le dispositif de probité et de transparence, à consacrer la primauté du droit et à renforcer les mécanismes de coopération et d’échange d’expertises dans ce domaine.

La Conférence des États parties à la Convention arabe de lutte contre la corruption constitue un cadre institutionnel arabe chargé du suivi de la mise en œuvre des dispositions de la Convention, du renforcement de la coordination et de la coopération entre les États parties, ainsi que de l’échange d’expertises et de bonnes pratiques en matière de prévention et de lutte contre la corruption.

La première session de cette conférence a eu lieu au Caire en 2015. Cinq sessions ont été organisées entre 2015 et 2024, alors que le nombre de pays arabes ayant ratifié la Convention s’élevait à 15 à fin mai 2024.

MAP

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