La France, l’Espagne, le Kenya et l’Australie, coprésidents de la coalition pour les droits et la protection de l’enfance à l’ère de l’intelligence artificielle (IA), ont dévoilé mardi une feuille de route de la coalition, soutenue par 23 États et huit institutions des Nations Unies, a annoncé L’Elysée.
La feuille de route a été lancée dans le cadre de la Semaine de haut niveau de la 81e session de l'Assemblée générale des Nations Unies, à l’occasion d’un événement réunissant des chefs d'État et de gouvernement, des organismes des Nations Unies, la société civile et des partenaires du secteur privé, où la Coalition a présenté son plan d'action pour la période 2026-2027, précise un communiqué de la présidence française.
Lancée le 7 juillet 2026 par la France, l'Espagne et le Kenya lors du premier dialogue mondial des Nations unies sur la gouvernance de l'IA, la coalition a ensuite été rejointe par l'Australie. Elle regroupe désormais 23 États et huit entités du système des Nations unies : l'Union internationale des télécommunications (UIT), l'UNESCO, l'UNICEF, le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH), le Bureau du représentant spécial du Secrétaire général pour les questions technologiques (ODET), le Département de la communication mondiale des Nations unies, le Représentant spécial du Secrétaire général pour la lutte contre la violence à l'égard des enfants (SRSG-VAC) et le Comité des droits de l'enfant.
La coalition pour les droits et la protection de l’enfance à l’ère de l’IA réunit, d’après la même source, des organisations de la société civile, des entreprises technologiques, des éducateurs, des chercheurs et des experts en matière de droits et de sécurité de l'enfance, tous unis par une conviction commune : « chaque enfant doit pouvoir bénéficier de l'intelligence artificielle dans des conditions qui protègent sa sécurité, ses droits et son développement ».
Ce travail, précise-t-on, s'appuie notamment sur les engagements pris dans le cadre de l'Appel d'Évian du G7 pour un espace numérique plus sûr pour les mineurs, et s'inspire des approches nationales émergentes en matière de responsabilité des plateformes, notamment le cadre australien de « devoir de diligence », comme références pour une approche cohérente et fondée sur la science en matière de sécurité des enfants dans l'environnement numérique et de l'IA.
Selon ses promoteurs, les systèmes d'intelligence artificielle qui prétendent apporter des avantages aux enfants devraient, à terme, être soumis à des procédures d'autorisation préalable avant de parvenir sur le marché.
« Le but précis des travaux lancés aujourd'hui est de développer les bases de données et les méthodes d'évaluation partagées qui rendent cela possible. Dans l'intervalle, la coalition appelle à une action rapide et volontaire, notamment par le biais d'un accès ouvert aux modèles et aux données des développeurs d'IA pour les chercheurs indépendants, ainsi qu'à des engagements de la part des entreprises », détaille le communiqué.
Et d’ajouter que la coalition poursuivra son action autour de trois axes : « maintenir un niveau d'ambition politique élevé grâce à un calendrier d'étapes internationales jusqu'en 2027 » ; « concrétiser des résultats tangibles, en parallèle du travail de groupes de travail thématiques, notamment sur la sécurité et la confidentialité dès la conception, les indicateurs de référence et la responsabilisation, la lutte contre les contenus pédopornographiques générés par l'IA et les deepfakes, et l'éducation à l'IA » ; et « renforcer l'action du système des Nations unies grâce à une base de données opérationnelle commune recensant les initiatives et les données probantes ».
Afin de soutenir ces objectifs, la Coalition entend poursuivre son travail sur un réseau mondial de centres de recherche issus des secteurs public, académique et privé, tout en invitant les entreprises, les fondations et d'autres partenaires à financer des recherches indépendantes sur l'impact de l'IA sur les enfants, et à rendre leurs modèles accessibles pour une évaluation indépendante.
La Coalition prévoit de présenter ses premiers engagements volontaires dans le cadre de cette initiative lors du Forum de Paris pour la paix, les 10 et 11 novembre 2026, d’après la même source.
MAP
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