Le Maroc a plaidé, jeudi à Rome, pour une approche renouvelée de l’action humanitaire internationale, davantage axée sur les solutions durables et la création des conditions permettant aux populations de sortir progressivement des crises et de réduire leur dépendance à l'aide.
Cette approche a été mise en avant par l'ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès des agences de l'ONU à Rome, Youssef Balla, lors des discussions consacrées à la mise en œuvre du Blueprint sur la collaboration entre ces agences dans les contextes fragiles à l'occasion de la 10e réunion conjointe entre les conseils d'administration de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du Fonds international de développement agricole (FIDA).
À cette occasion, M. Balla a salué les progrès accomplis dans la mise en œuvre de ce cadre de collaboration, relevant que les expériences de terrain démontrent l’importance d’une action conjointe des agences onusiennes face à des crises de plus en plus complexes, prolongées et interdépendantes.
Il a, toutefois, estimé nécessaire de franchir une nouvelle étape en plaçant la sortie de crise au cœur de cette coopération.
Dans de nombreux contextes fragiles, a-t-il fait observer, les interventions internationales se poursuivent pendant des années dans des situations qui se prolongent, se répètent et tendent parfois à devenir chroniques, d'où la nécessité de s'interroger sur la capacité des dispositifs actuels à favoriser une sortie durable de la crise.
Dans un contexte de contraction des ressources financières disponibles, le diplomate marocain a souligné que la gestion des crises ne saurait être envisagée comme une situation permanente.
L'ambition collective, a-t-il soutenu, devrait être de contribuer à créer les conditions permettant aux populations de surmonter progressivement les situations de crise, tout en réduisant leur dépendance à l'aide internationale.
Il s'agit, dans cette perspective, de passer d'une logique essentiellement centrée sur la gestion des crises à une approche de transformation orientée vers des solutions durables, a-t-il indiqué.
Une telle évolution suppose, selon M. Balla, une action concertée sur les facteurs qui entretiennent la fragilité, notamment l’insécurité alimentaire, la pauvreté rurale, les déplacements, les conflits, les effets du changement climatique, la faiblesse des systèmes alimentaires et les vulnérabilités structurelles.
La collaboration entre les agences basées à Rome ne devrait ainsi pas se limiter à une meilleure coordination des interventions une fois la crise installée, mais contribuer dès le départ à construire des trajectoires de sortie de crise et à renforcer les capacités nationales et locales.
M. Balla a, à cet égard, appelé à approfondir le partenariat avec les institutions financières internationales et les autres partenaires et donateurs, afin d'inscrire les interventions dans une vision de long terme.
Il a également plaidé pour que le Blueprint consacre plus explicitement cette ambition, en faisant de la transition de la gestion des crises vers des solutions durables un principe structurant de la collaboration entre les agences onusiennes basées à Rome.
"Notre succès ne devrait pas seulement se mesurer à notre capacité à répondre à une crise, mais à inscrire cette capacité dans une perspective de solutions durables et à faire en sorte que celle-ci ne devienne pas permanente", a conclu l'ambassadeur.
MAP
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