La ministre française de la Transition écologique, Monique Barbut, a alerté mercredi sur l’ampleur de la sécheresse qui touche désormais "la quasi-totalité" du territoire de l'Hexagone, affirmant qu’il s’agit d’"une situation exceptionnelle qui appelle une mobilisation exceptionnelle".
"La quasi-totalité du territoire est désormais en situation de sécheresse. Début août, 65 % du territoire est marqué par une sécheresse, qui survient en moyenne une année sur 25", a indiqué Mme Barbut, lors d’une conférence de presse à l’issue d’une réunion du Comité d'anticipation et de suivi hydrologique.
La ministre a réuni dans ce cadre les préfectures de région et les opérateurs de l’État dédiés pour évoquer les enjeux de sécheresse et dresser un état des lieux actualisé de la situation hydrologique sur l’ensemble du territoire français.
Mme Barbut retient à cet égard que "plusieurs indicateurs hydrologiques retrouvent des niveaux comparables aux grandes sécheresses de référence que notre pays a connues, en 1976 et en 2022", notant qu’en termes de sécheresse, "fin juillet, la situation était identique à celle observée mi-août 2022, lors de l'ancien record".
Cela confirme, à ses yeux, que "le changement climatique modifie profondément le cycle de l'eau en France".
"Ce n'est pas un événement exceptionnel. Ces épisodes deviennent plus fréquents, plus précoces, plus longs et plus intenses", a-t-elle averti.
"Nous faisons face à une situation exceptionnelle qui appelle une mobilisation exceptionnelle", a insisté la ministre qui fait état d’une sécheresse "précoce, généralisée, durable et particulièrement intense" dont les conséquences "ne s'arrêteront pas avec la fin de l'été".
Pour plus de 40.000 personnes, la sécheresse se traduit déjà par des coupures d'eau au robinet en France, selon la ministre qui note que la semaine dernière, l'approvisionnement de plus de 550.000 habitants était ainsi considéré comme étant en tension et l'approvisionnement de près de 3 millions d'habitants classé en vigilance.
Mme Barbut a évoqué également les difficultés rencontrées par les acteurs du monde agricole, certaines activités industrielles fortement dépendantes de l'eau, les infrastructures, ainsi que les milieux naturels.
Pour faire face à cette situation, elle a annoncé une série de mesures, engageant notamment les préfets à "prendre sans délai les arrêtés de restriction conformément à l'accord-cadre départemental une fois les seuils franchis".
Elle a notamment appelé à "viser les sous-bassins les plus sensibles au regard de l'alimentation en eau potable" tout en réclamant "des contrôles sur des pratiques spécifiques, a minima arrosage et irrigation en journée, quels que soient les usages".
A l’heure où la France traverse cet épisode de sécheresse particulièrement intense, les effets du changement climatique continuent d’accentuer les tensions sur la ressource en eau, d’après le ministère français de la Transition écologique, qui recense au 9 août, 99 départements, soit l’ensemble du territoire métropolitain, "a minima en seuil de vigilance".
Parmi eux, 67 départements sont placés en situation de crise, soit une large majorité des départements français, et 21 départements sont en alerte renforcée. Ainsi, près de 70% du territoire français fait l'objet de restrictions d'usage de l'eau, selon la même source.
MAP
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