L'ambassadeur, représentant permanent du Royaume auprès de l'Office des Nations Unies à Genève, Omar Zniber, a appelé, jeudi à Genève, à traduire l'Appel de Kigali en actions concrètes au sein du système multilatéral, plaidant pour une mobilisation coordonnée des acteurs de la Genève internationale afin d'accélérer la mise en œuvre des engagements en faveur des droits des femmes dans l'espace francophone.
Intervenant à l'ouverture d'un événement parallèle organisé en marge de la 62e session du Conseil des droits de l'Homme (CDH), en sa qualité de président du Groupe des ambassadeurs francophones, M. Zniber a souligné que l'Appel de Kigali, adopté fin 2025, “n'est pas une déclaration d'intention de plus”, mais “une feuille de route politique claire” destinée à transformer les engagements en politiques publiques concrètes.
Relevant que cette réunion, coorganisée par les Missions permanentes du Maroc et du Rwanda sous le thème “L'Appel de Kigali : Accélérer les droits des Femmes au sein de l'espace Francophone”, se tient “à un moment charnière”, alors que “la parité reste une promesse inachevée”, il a rappelé que, selon le Global Gender Gap Report, “au rythme actuel, il nous faudra encore 126 ans pour atteindre l'égalité réelle et 162 ans pour une parité politique complète”, estimant que “notre inaction serait un renoncement”.
Le diplomate marocain a insisté sur la nécessité de créer des synergies entre le Groupe des ambassadeurs francophones, le Conseil consultatif sur l'égalité des genres et le réseau des Champions internationaux du genre afin de traduire les priorités de l'Appel de Kigali en résolutions et recommandations applicables au sein du système onusien.
Il a également plaidé pour une prise en compte des défis liés au numérique, qui doit être “un accélérateur d'émancipation”, ainsi que pour une approche plus inclusive de la sécurité, de la gouvernance et de la médiation afin de consolider la paix.
Insistant sur l'importance de la solidarité multilatérale, M. Zniber a indiqué que le Groupe des ambassadeurs francophones souhaite mettre en place à Genève une plateforme permanente d'échange d'expertises législatives et institutionnelles.
Évoquant l'expérience du Royaume, il a rappelé que le principe de parité est inscrit dans la Constitution et inspire des réformes structurelles, citant notamment la révision du Code de la famille (Moudawana), les lois garantissant l'égal accès aux fonctions électorales ainsi que les plans gouvernementaux dédiés à l'égalité.
Il a également mis en avant l'initiative marocaine de la résolution du CDH “Femmes, Diplomatie et Droits de l'homme”, qui souligne le rôle essentiel des femmes dans la diplomatie.
Adopté en novembre 2025 lors de la 46e Conférence ministérielle de la Francophonie à Kigali, l'Appel de Kigali engage les 90 États et gouvernements membres de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF) à accélérer les progrès vers l'égalité entre les femmes et les hommes.
Coorganisé en collaboration avec les Missions de l'Arménie, du Canada et du Liban ainsi que de l'OIF, cet événement visait à rapprocher les engagements de l'Appel de Kigali des mécanismes onusiens de protection des droits de l'Homme, tout en renforçant la solidarité entre États francophones et le plaidoyer en faveur de la mise en œuvre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDEF).
La rencontre a réuni notamment Nicole Ameline, membre du Comité consultatif du Conseil des droits de l'Homme et ancienne présidente du Comité de la CEDEF, ainsi que les ambassadeurs du Rwanda, du Liban, de l'Arménie et du Canada, aux côtés d'experts internationaux des droits de l'Homme.
MAP
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