20 ans du CDH: Mme Bouayach appelle à renforcer les passerelles entre mécanismes internationaux et réalités nationales

20 ans du CDH: Mme Bouayach appelle à renforcer les passerelles entre mécanismes internationaux et réalités nationales

La présidente du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Amina Bouayach, a souligné, vendredi à Genève, l’importance de renforcer les passerelles entre les mécanismes internationaux de protection des droits humains et les réalités nationales afin d’accroître l’impact concret des recommandations sur la vie des populations.

S’exprimant en sa qualité de présidente de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI) lors d’une discussion de haut niveau marquant le 20e anniversaire du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU (CDH), Mme Bouayach a relevé que l’interaction étroite développée au cours des deux dernières décennies entre le Conseil, le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme, les procédures spéciales et les institutions nationales des droits de l’Homme a contribué à l’émergence d’un système “plus inclusif et participatif”.

La présidente de la GANHRI a indiqué que l’Alliance regroupe aujourd’hui plus de 119 institutions nationales accréditées, contre une cinquantaine seulement lors de la création du Conseil en 2006, soulignant que cette évolution reflète la reconnaissance croissante du rôle des institutions nationales en tant que “passerelles essentielles entre les niveaux national et international”.

Ces institutions contribuent, à travers leurs rapports, déclarations et interactions avec les mécanismes onusiens, à faire remonter les réalités nationales vers les instances internationales, tout en favorisant la traduction des engagements internationaux en actions concrètes au niveau national, a-t-elle expliqué.

Mme Bouayach a toutefois relevé que cette fonction de passerelle ne s’exerce pas partout dans les mêmes conditions. Si certaines institutions parviennent à tirer pleinement parti des mécanismes du Conseil pour promouvoir les droits humains et accompagner la mise en œuvre des engagements internationaux, d’autres sont confrontées à des contraintes liées au manque de ressources, à la réduction de l’espace civique ou à des contextes politiques difficiles.

Elle a également alerté sur la crise de confiance qui touche aujourd’hui de nombreuses institutions, tant au niveau national qu’international, estimant que les citoyens continuent d’attendre des institutions efficaces et capables d’apporter des réponses concrètes aux défis auxquels ils sont confrontés.

Pour Mme Bouayach, la valeur du Conseil des droits de l’Homme dépend non seulement du dialogue et des recommandations qu’il produit, mais aussi de leur mise en œuvre effective et de leur impact réel sur le terrain.

Dans un contexte marqué par les défis du multilatéralisme, la présidente de la GANHRI a plaidé pour un renforcement de la confiance dans le Conseil et une meilleure coordination entre celui-ci et les autres mécanismes internationaux de protection des droits humains.

Elle a, dans ce sens, appelé à faire du Conseil des droits de l’Homme une véritable plateforme de convergence au sein du système international des droits humains, estimant qu’une telle évolution permettrait de renforcer l’efficacité et l’impact de l’action internationale en faveur des droits fondamentaux à travers le monde.

Organisée dans le cadre de la 62e session du Conseil des droits de l’Homme (15 juin-07 juillet), cette rencontre a permis d’engager une réflexion sur les deux décennies d’existence de l’instance onusienne, ses réalisations, l’impact de ses mécanismes ainsi que les perspectives d’évolution de ses outils et partenariats.

Modéré par le président du CDH, Sidharto R. Suryodipuro, et introduit par le Secrétaire général des Nations unies, António Guterres (via message vidéo), cet événement a été marqué par la participation notamment du Haut-Commissaire aux droits de l’Homme, Volker Türk, et du premier président du Conseil, Luis Alfonso de Alba Góngora.

La diversité et le niveau des participants reflètent l’importance de ce dialogue de haut niveau, réunissant responsables onusiens, États membres, experts indépendants et acteurs de la société civile autour des enjeux actuels et futurs du système international des droits de l’Homme.


MAP

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