Le renforcement d'un système national d'évaluation durable repose sur une vision partagée, une gouvernance claire et des compétences techniques consolidées, a affirmé, mercredi à Rabat, le président de l’Observatoire National du Développement Humain (ONDH), Otmane Gair.
S’exprimant à l’ouverture d’un atelier gouvernemental, organisé par l’ONDH en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sous le thème "l’évaluation au service de la décision publique: vers un système national d'évaluation réactif et axé sur les résultats", M. Gair a souligné que la valeur d’une évaluation réside surtout dans sa capacité à nourrir les choix publics, à orienter les arbitrages, à améliorer les programmes et à transformer les recommandations en actions concrètes.
Et de relever que dans un contexte marqué par des transformations sociales profondes, des attentes citoyennes renouvelées et une exigence accrue d’efficacité, les politiques publiques sont appelées à produire des effets tangibles, mesurables et durables, notant que cette exigence impose de disposer de mécanismes capables non seulement de suivre les réalisations, mais aussi d’apprécier les résultats, de comprendre les effets produits, d’identifier les ajustements nécessaires et d’éclairer la décision publique par des données probantes.
Par ailleurs, il a estimé que l’évaluation ne peut plus être considérée comme un exercice ponctuel intervenant uniquement a posteriori, elle doit devenir plutôt une fonction stratégique intégrée au cycle de l’action publique, permettant aux décideurs de mieux comprendre ce qui fonctionne, pour qui, dans quels contextes et avec quels effets.
Elle doit également contribuer à l’apprentissage institutionnel, à la redevabilité, à l’optimisation des ressources publiques et à l’amélioration continue des politiques et programmes, a-t-il soutenu.
M. Gair a, à cet égard, mis en avant l’approche d’évaluation axée sur les résultats, qui place l’utilité de l’évaluation au cœur de la démarche, invitant à produire des analyses crédibles, indépendantes et opérationnelles, et veille à ce que les constats et recommandations soient effectivement utilisés pour améliorer la conception, la mise en œuvre et l’impact des politiques publiques.
Selon lui, la mission de l’ONDH consiste à accompagner la décision publique par des connaissances fiables, objectives et utiles, ajoutant que l’enjeu actuel est d’aller plus loin, en contribuant à l’émergence d’une culture institutionnelle de l’évaluation, partagée par l’ensemble des acteurs publics et fondée sur les standards internationaux, tout en étant adaptée aux priorités nationales et aux spécificités territoriales du Royaume.
De son côté, la représentante du PNUD, Ilaria Carnevali, s'est félicitée de l'accompagnement apporté aux efforts de l’ONDH pour promouvoir une culture de l’évaluation davantage orientée vers l’apprentissage institutionnel, l’appropriation nationale et l’impact concret sur les catégories cibles.
Elle a estimé que cet atelier contribue directement au renforcement d’une gouvernance publique fondée sur les données probantes et les informations fiables, particulièrement dans un contexte où le Royaume a engagé, ces dernières années, d’ambitieuses réformes structurelles dans les domaines du développement humain, de la protection sociale, de la régionalisation avancée et de la modernisation de l’administration publique.
Ces transformations nécessitent, selon elle, la mise en place de mécanismes d’évaluation performants à la hauteur des ambitions du Royaume.
Dans une intervention préenregistrée, la directrice du Bureau indépendant d'évaluation (IEO) relevant du PNUD, Isabelle Mercier, a salué l’engagement du Maroc en faveur de l’évaluation, relevant qu’il est particulièrement encourageant de voir cet engagement concrétisé par l’utilisation des données probantes dans la prise de décision.
L'évaluation constitue un investissement qui ne devient véritablement pertinent que lorsqu'il crée une valeur ajoutée réelle, en orientant les décisions, en influençant les politiques publiques, en améliorant les programmes et en produisant des changements tangibles dans la vie des citoyens, a-t-elle fait remarquer.
Cet atelier gouvernemental, auquel ont pris part des représentants des départements ministériels, des établissements publics ainsi que des experts, s’inscrit dans une dynamique visant à renforcer les capacités nationales en matière d’évaluation des politiques sociales et de celles liées au développement humain.
Les organisateurs espèrent que cette rencontre contribue à renforcer les capacités institutionnelles et individuelles des acteurs publics nationaux, en vue d’aligner le système national d’évaluation sur les standards internationaux et de favoriser un transfert effectif des compétences en matière d’évaluation orientée vers la prise de décision et l’impact.
MAP
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