Les États membres de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), réunis du 18 au 23 mai à Genève à l’occasion de la 79e Assemblée mondiale de la Santé (AMS 79), ont décidé de mettre en place un processus conjoint conduit par les États et accueilli par l’OMS afin de soutenir une réforme en profondeur de l’architecture mondiale de la santé.
Ce mécanisme, mené en collaboration avec les partenaires de la santé mondiale et les agences des Nations unies, devra élaborer des options et des recommandations destinées à adapter le système sanitaire international aux besoins spécifiques et collectifs des pays et des populations, avec pour objectif d’améliorer l’accès, l’impact et l’équité en matière de santé.
A cette occasion, les États membres ont réaffirmé le rôle central de l’OMS en tant qu’instance normative et de coordination, tout en insistant sur la nécessité d’associer étroitement les initiatives mondiales de santé, les partenaires onusiens, la société civile et les jeunes.
Dans le texte adopté vendredi, les délégations reconnaissent les progrès permis par l’architecture actuelle au cours des dernières décennies, notamment dans la lutte contre les maladies, l’élaboration de normes internationales et la gestion des menaces sanitaires transfrontalières.
Elles estiment toutefois que ce dispositif n’a pas évolué au même rythme que les transformations mondiales, marquées notamment par le renforcement des souverainetés sanitaires nationales et régionales, l’évolution des risques sanitaires, les avancées rapides de la science, de l’intelligence artificielle et des technologies numériques, ainsi que par la contraction des financements de la santé.
Les États membres ont également souligné la complexification croissante du paysage sanitaire mondial, liée à la multiplication des acteurs, entraînant des déséquilibres de pouvoir, une fragmentation et une duplication des efforts, au détriment du leadership et de l’appropriation par les pays.
L’AMS a demandé au Directeur général de l’OMS de présenter un rapport final contenant des propositions de transformation de l’architecture sanitaire mondiale lors de la prochaine Assemblée mondiale de la Santé, prévue en 2027.
Les délégués ont, par ailleurs, adopté la toute première résolution de l’AMS consacrée aux accidents vasculaires cérébraux (AVC), appelant à renforcer la prévention, les soins d’urgence, la réadaptation et la préparation des systèmes de santé face à une pathologie dont le risque au cours de la vie a augmenté de 50 % en vingt ans.
Les États membres ont également approuvé une résolution visant à renforcer les systèmes mondiaux de pharmacovigilance afin d’améliorer la surveillance de la sécurité des médicaments et des vaccins, notamment grâce aux technologies numériques, aux données issues de la vie réelle et à l’intelligence artificielle.
Enfin, l’Assemblée a validé une nouvelle stratégie mondiale pour les soins d’urgence, critiques et opératoires intégrés (ECO) pour la période 2026-2035, destinée à aider les pays à améliorer l’accès à des soins vitaux de qualité face à la multiplication des crises sanitaires, des conflits, des catastrophes et des événements liés au climat.
MAP
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