M. Abdennabaoui : 26 magistrates occupent des postes de responsabilité dans différentes juridictions du Royaume

M. Abdennabaoui : 26 magistrates occupent des postes de responsabilité dans différentes juridictions du Royaume

Quelque 26 magistrates occupent actuellement des postes de responsabilité dans différents degrés de juridiction dans le Royaume, a indiqué, mercredi à Rabat, le Premier président de la Cour de Cassation, président délégué du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Mohamed Abdennabaoui.

S'exprimant à la séance d'ouverture d'un colloque international sur le thème "Parcours des femmes magistrates : regards croisés sur une expérience marocaine de plus de 65 ans", M. Abdennabaoui a affirmé que parmi ces 26 femmes magistrates, figurent une première présidente de Cour d’appel, une procureure générale du Roi près d'une Cour d’appel commerciale, ainsi que des présidentes de tribunaux et des procureures du Roi près plusieurs tribunaux ordinaires ou spécialisés.

Il a également indiqué que 10,62 % des postes de responsabilité au sein des tribunaux sont confiés à des femmes, auxquelles s'ajoutent une présidente de Chambre et six présidentes d’instances judiciaires au sein de la Cour de cassation, soit 18 % de l'ensemble des postes de responsabilité au niveau de cette juridiction.

M. Abdennabaoui a souligné que 67 femmes magistrates occupent des fonctions administratives de haut niveau au sein du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, de la présidence du Ministère public, du ministère de la Justice, de l'Institut supérieur de la magistrature et de la magistrature de liaison, outre deux femmes magistrates dans certaines instances constitutionnelles.

Depuis 2017, trois magistrates ont intégré le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, à savoir Mmes Majda Daoudi, Aïcha Nassiri et Hajiba Boukhari, "qui ont contribué à la mise en place du premier Conseil supérieur du pouvoir judiciaire indépendant de l'autorité gouvernementale chargée de la justice", a-t-il relevé, ajoutant que les magistrates marocaines ont assumé avec mérite toutes les missions qui leur ont été confiées.

Et de relever que les femmes représentant 34,66 % de la 49e promotion des attachés de justice actuellement en formation à l'Institut supérieur de la magistrature, soulignant que le Conseil a inscrit la promotion des femmes magistrates parmi les priorités de sa stratégie actuelle, en chargeant un comité de ses membres d'évaluer leur situation et d'examiner les moyens de renforcer leur compétitivité pour les différents postes de responsabilité.

Pour sa part, le Procureur général du Roi près la Cour de cassation, Président du Ministère public, Hicham Balaoui, a affirmé que cette rencontre témoigne de la grande importance accordée par le pouvoir judiciaire au renforcement de la présence des femmes dans la magistrature et à leur accès à des postes de responsabilité.

Il a relevé que la promotion de l'égalité des sexes relève de la consécration d'un principe constitutionnel et d'un droit fondamental, rappelant que la Constitution de 2011 a conforté le principe d'égalité entre les hommes et les femmes dans la perspective d'atteindre la parité.

La réalisation de l'égalité des sexes dans le domaine judiciaire est considéré aujourd'hui comme l'un des défis à relever, a-t-il poursuivi, notant que la promotion de la représentation des femmes au sein du système judiciaire revêt une importance particulière.

A cet effet, il a considéré que le statut des femmes magistrates constitue "une source d'inspiration pour les générations montantes", tout en contribuant au renforcement de la protection des droits et libertés et à la consécration du principe d'égalité.

Dans ce cadre, M. Balaoui a indiqué que la femme marocaine a été pionnière dans l’accès à la magistrature au niveau du monde arabe, rappelant que la première femme juge a été nommée dès les premières années de l’indépendance, précisément en 1961.

Il a souligné que le Maroc a également été le premier pays à l’échelle africaine à nommer une femme magistrate, reflétant ainsi le leadership du Royaume et ses efforts pour "intégrer les femmes dans des fonctions qui étaient exclusivement réservées aux hommes".

De son côté, la Première présidente de la Cour des comptes, Zineb El Adaoui, a mis en avant la présence active de la femme au sein de la Cour depuis que cette juridiction a entamé de manière effective l'exercice de ses missions et attributions au début des années 1980, relevant que la femme magistrate, en l’occurrence la juge des comptes ou juge financière, n’a cessé d’apporter une contribution qualitative à l’édification de la juridiction financière marocaine.

À cet égard, Mme El Adaoui a précisé que la magistrate financière a accompli des avancées significatives, notant que la Cour des comptes figure parmi les 30% des instances supérieurs de contrôle dirigées par des femmes, “une situation exceptionnelle à l’échelle internationale”.

Elle a également relevé que la proportion de femmes magistrates au sein des juridictions financières est passée, en près de quatre décennies et demie, d’une seule juge en 1984 à 117 en 2026, soit 28 % de l’ensemble des magistrats.

Le défi ne consiste plus à assurer l’accès des femmes à la profession de la justice financière, mais porte surtout sur la mobilisation de leurs capacités pour accéder à des postes de gestion, de responsabilité et de prise de décision, malgré certaines contraintes et difficultés qui sont souvent d’ordre objectif, a-t-elle fait remarquer.

Elle a également fait état d'un "bond qualitatif" en matière d’accès des femmes magistrates à des postes de responsabilité à la faveur de l’adoption par les tribunaux financiers des principes d’égalité en matière de gestion des parcours professionnels, de valorisation des compétences et des talents, et d’encouragement des jeunes et des femmes.

Pour sa part, l’ambassadeur de l'Union européenne au Maroc, Dimiter Tzantchev, a précisé que l’égalité femmes-hommes au sein des institutions judiciaires est une nécessité pour la crédibilité et l’efficacité de l’État de droit, se félicitant de la présence, depuis plus de 65 ans, de femmes exceptionnelles au sein du système judiciaire au Maroc.

M. Tzantchev a ajouté que l'Union européenne partage avec le Maroc la conviction fondamentale qu'une justice équitable est celle qui reflète sa propre société et assure une présence effective des femmes, non seulement comme des magistrates, mais aussi en tant que présidentes de tribunaux, procureures générales et membres des Cours suprêmes.

L'un des principaux objectifs de cet événement international est de rendre hommage aux femmes pionnières du système judiciaire, conformément à l'intégration de la dimension genre dans les stratégies de gouvernance judiciaire, a-t-il dit, mettant en avant les efforts déployés par le Maroc pour renforcer la présence des femmes magistrates à des postes de responsabilité, notamment par la modernisation du système judiciaire et la mise en place d'un cadre institutionnel solide et adapté.

De son côté, la directrice générale de la Démocratie et de la Dignité humaine au Conseil de l'Europe, Maria Rutanen, a insisté sur l'importance du rôle des femmes dans le système judiciaire, tant pour le Maroc que pour le Conseil de l'Europe.

À cet égard, elle a salué les progrès significatifs accomplis par le Maroc en matière d'égalité des genres dans tous les aspects de la vie publique, particulièrement dans le domaine de la justice.

Ce colloque international de deux jours, organisé par le CSPJ en partenariat avec le Conseil de l'Europe, l'UE et la Commission européenne pour l'efficacité de la justice, se décline en deux sessions thématiques sur les femmes leaders dans la magistrature et les réformes et dynamiques institutionnelles pour un leadership judiciaire des femmes.

Au programme figurent également deux tables rondes initiées sous les thèmes "Vers un leadership féminin: voies, réformes et dynamiques au sein du système judiciaire" et "Justice pour demain: comment renforcer le leadership des femmes dans le système judiciaire?".

MAP

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