Le Forum régional sur la réforme éducative offre l’occasion de faire le point sur la mise en œuvre des programmes de la feuille de route de réforme du système éducatif 2022-2026, a affirmé mardi à Rabat, le ministre de l’Éducation nationale, du Préscolaire et des Sports, Mohamed Saad Berrada. Il s'agit, en effet, d'examiner les réalisations et les contraintes et de formuler des recommandations à même de consolider les acquis et d’envisager les perspectives de durabilité, dans le cadre d’une réflexion collective fondée sur les objectifs et les attentes fixés, a souligné le ministre dans une allocution lue en son nom par le secrétaire général du ministère, Houssine Kodad, lors de l’ouverture de cet évènement.
Dans un contexte marqué par l’accélération de la cadence des réformes et l’augmentation des attentes sociétales vis-à-vis de l’école publique, la question de la mise en œuvre demeure l’un des principaux défis, a-t-il noté, soulignant que la problématique ne réside pas dans l’élaboration des visions ou des stratégies, mais dans la capacité à les traduire en pratiques sur le terrain. A cet égard, M. Berrada a salué le rôle central des directeurs des établissements scolaires ainsi que les efforts des inspecteurs pédagogiques pour accompagner les enseignants et les encourager à s’impliquer concrètement dans la mise en œuvre de la réforme.
L’expérience des "écoles pionnières" a révélé des indicateurs positifs, notamment grâce à l’adoption de "l’enseignement explicite" ayant contribué à l’amélioration des apprentissages fondamentaux et au rétablissement de la confiance des élèves en leurs capacités, a-t-il fait remarquer. Ce progrès reste néanmoins tributaire de la capacité à en assurer la pérennité lors de sa généralisation, tout en maintenant les mêmes cadences et qualités dans l’ensemble des établissements, a insisté le ministre lors de cet évènement, organisé sous le thème “Feuille de route de la réforme du système éducatif 2022-2026 : bilan et perspectives”. Il a en outre estimé que la réussite de toute réforme dépend de l’engagement de l’enseignant, en tant qu’acteur principal en classe et artisan de l’acte éducatif, notant que son rôle est devenu plus global, comme médiateur, encadrant et organisateur du processus éducatif.
L’expérience a montré que le travail collaboratif au sein des "communautés de pratiques professionnelles" s’érige en levier essentiel pour le partage des expériences et l’amélioration des performances professionnelles, a-t-il rappelé. Par ailleurs, M. Berrada a précisé que la mise en œuvre de la réforme, qui représente un véritable défi, requiert un accompagnement continu sur le terrain, un soutien permanent aux enseignants, une coordination efficace entre les différents intervenants, outre une appropriation collective du projet éducatif au sein de l’établissement, appelé à jouer un rôle actif dans le changement en cours, à travers l’appropriation de son propre projet, l’ouverture sur son environnement et la promotion de la vie scolaire, de manière à favoriser l’intégration, à réduire l’abandon scolaire et à cultiver l'esprit d’apprentissage auprès des jeunes, a-t-il indiqué.
De son côté, le directeur de l’Académie régionale de l’éducation et de la formation (AREF) de Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed Ouaj, a indiqué, dans une présentation détaillée sur le bilan et les perspectives de mise en œuvre de la feuille de route 2022-2026, que cette dernière repose sur quatre composantes principales.
Ces composantes, a-t-il expliqué, comprennent trois objectifs stratégiques à l’horizon 2026, à savoir le renforcement des apprentissages fondamentaux, le développement des activités parascolaires et la réduction du décrochage scolaire, ainsi que trois axes d’intervention fondés sur le triptyque du système éducatif, notamment l’élève, l’enseignant et l’établissement scolaire, considérés comme les principaux acteurs de la réussite de la réforme. Il a ajouté que cette vision est confortée par 12 engagements concrets visant à opérer un changement réel et tangible au niveau des élèves, des cadres pédagogiques et des établissements scolaires, soulignant que la mise en œuvre de ces engagements requiert trois conditions essentielles de réussite, à savoir une bonne gouvernance, l’engagement de l’ensemble des acteurs et la mobilisation des financements nécessaires.
Concernant les objectifs à l’horizon 2026, il a souligné que la feuille de route vise à doubler le taux d’élèves maîtrisant les apprentissages fondamentaux au primaire, à doubler le nombre de bénéficiaires des activités parascolaires, ainsi qu’à réduire de manière significative le taux de décrochage scolaire.
MAP
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