Le Maroc, conformément à la Vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui place l'humain au cœur du développement, a choisi la voie d’une "modernisation maîtrisée, éthique et inclusive" pour faire face aux défis que soulève l’intelligence artificielle (IA), a souligné, lundi à Fès, le ministre de l'Inclusion économique, de la Petite entreprise, de l'Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri.
"Le Maroc n'est pas neutre dans le débat sur l’IA. (…) Il a fait un choix délibéré : Ni le repli technologique, ni la solution au marché, mais une troisième voie, celle d’une modernisation maîtrisée, éthique et inclusive", a dit le ministre, qui s’exprimait en ouverture des Rencontres de l’Université Euromed de Fès (UEMF) sur l’alliance des civilisations, organisées sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI autour de "l’avenir de la civilisation humaine à l’épreuve de l’intelligence artificielle" (IA).
Car, a-t-il relevé, l'intelligence artificielle n'est pas simplement une révolution technologique, mais une "épreuve politique de notre capacité collective à décider et non à subir".
Face à la posture de panique, qui considère que le travail humain est condamné, et celle de l'enthousiasme, qui estime que l’IA va tout résoudre, il convient d’emprunter la troisième voie et faire en sorte que l'Homme prenne ses responsabilités, pour mieux orienter la marche de l'intelligence artificielle, a indiqué M. Sekkouri.
"L'IA ne remplacera pas le travail humain. Ce sont les humains qui ne maîtrisent pas la technologie qui se retrouveront à côté de la marche de l'histoire. Le vrai risque n'est pas l'IA, mais c'est la décision politique absente et qui laisse la place à une décision mécanique qui va la remplacer", a-t-il soutenu, notant que les compétences de demain ne sont pas techniques, mais d'abord humaines.
Il a insisté, à cet égard, sur la pensée créative, le leadership, la pensée analytique et la capacité à collaborer.
Le ministre a, par ailleurs, souligné l’importance de l'approche politique pour pouvoir prendre l’IA en main. "Si les Nations unies ont plaidé pour un nouveau contrat social qui dialogue avec la technologie et l'IA, les instruments de la décision publique qui donnent à ce contrat social tout son prolongement ne sont pas encore présents, et c'est là où il faudra agir d'urgence", a-t-il dit.
Il a appelé les jeunes à apprendre à poser les bonnes questions, car, selon lui, le dialogue n'est pas tellement avec l'IA, mais avec l'intelligence humaine, par rapport à sa propre définition.
Organisées en collaboration avec la Chaire des Nations unies pour l’Alliance des Civilisations et en partenariat avec la Ligue islamique mondiale (Muslim World League) et l’Alliance des Civilisations des Nations unies (UNAOC), ces rencontres sont conçues comme une ‘’plateforme stratégique’’ de dialogue et de réflexion sur les mutations majeures induites par l’IA.
MAP
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