Gouvernance de l'IA : Le Maroc capable de jouer un rôle de catalyseur du multilatéralisme (M. Hilale)

Gouvernance de l'IA : Le Maroc capable de jouer un rôle de catalyseur du multilatéralisme (M. Hilale)

Le Maroc est capable de jouer un rôle de catalyseur du multilatéralisme en matière d'Intelligence artificielle (IA), en contribuant à une gouvernance internationale plus inclusive et équilibrée de cette technologie stratégique, a affirmé, mercredi à Marrakech, l'ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU, Omar Hilale.

"Cette orientation s'inscrit pleinement dans la Vision clairvoyante de Sa Majesté le Roi Mohammed VI visant un développement intégré du Royaume et une Afrique s'appuyant sur ses propres potentialités", a relevé M. Hilale, lors d'un panel de haut niveau sous le thème "Multilatéralisme et coopération internationale à l'ère de l'IA", tenu dans le cadre de la 4e édition du GITEX Africa Morocco.

Le marché mondial de l'IA, estimé à 1 trillion de dollars en 2025, pourrait atteindre 5 trillions d'ici 2033, tout en demeurant marqué par de profondes disparités, a indiqué le diplomate, notant qu'environ 118 pays restent en marge des principales initiatives internationales, dont 48 en Afrique, tandis que seuls les pays du G7 participent activement à la structuration de la gouvernance mondiale de cette technologie de pointe.

Face à ces déséquilibres, M. Hilale a appelé à structurer une coopération internationale cohérente, articulée autour de cinq priorités portant sur la refonte du multilatéralisme de l'IA, la prévention des divergences entre cadres réglementaires, la promotion de l'inclusion, la mise en place d'instruments opérationnels et l'orientation de l'IA vers le développement.

Abordant le positionnement du Royaume dans cette dynamique, l'ambassadeur a affirmé que le Maroc dispose des atouts nécessaires pour jouer un rôle de liaison stratégique entre l'Afrique et les instances internationales, en s'appuyant sur sa crédibilité, ses infrastructures et son engagement en faveur de la transition numérique.

Il a, dans ce sillage, mis en avant plusieurs initiatives structurantes portées par le Royaume, notamment l'organisation en 2018 du premier forum de l'UNESCO sur l'IA en Afrique à Benguerir, la création du centre "AI Movement" en 2023 en tant que hub continental et la tenue en 2024 à Rabat d'un forum de haut niveau ayant abouti au "Consensus de Rabat", visant à intégrer davantage l'Afrique dans le débat mondial sur cette technologie.

Dans le même ordre d'idée, M. Hilale a fait observer que le Maroc ambitionne de renforcer son leadership à travers une feuille de route articulée autour de cinq axes stratégiques : consolider une industrie nationale de l'IA, lancer un programme panafricain de formation, positionner le Royaume en tant que hub de certification, structurer un cadre permanent de coordination africaine et porter le débat sur la coopération internationale au sein des Nations Unies.

"Pour le Maroc, l'enjeu est de passer d'une logique de consommation à une logique de contribution, fondée sur l'innovation, le partage des connaissances et le transfert technologique, afin de s'imposer comme un acteur central dans la gouvernance mondiale de l'IA", a conclu le diplomate.

MAP

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