L’Organisation des Nations Unies pour l'Éducation, la Science et la Culture (Unesco) a annoncé sa décision de placer 39 biens culturels "sous protection renforcée" au Liban.
Cette décision a été prise à l'occasion d'une réunion extraordinaire convoquée mercredi par l’Unesco pour renforcer la protection du patrimoine culturel au Liban, "à la suite d'une demande du pays", indique un communiqué de l'organisation onusienne.
Et de préciser que "cette réunion, une session extraordinaire du Comité pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé, a conduit à l'octroi d'une protection provisoire renforcée à 39 biens culturels ainsi que d’une aide financière internationale d'un montant total de plus de 100.000 dollars américains pour les opérations d’urgence sur le terrain".
"Le patrimoine culturel doit être protégé. Il constitue le pilier de l'identité, de la confiance et de l'espoir des peuples, il porte la promesse de paix et de relèvement", a déclaré à cette occasion le sous-directeur général de l'organisation pour la Culture, Lazare Eloundou Assomo, cité dans le communiqué.
Partant de la conviction que "lorsque le patrimoine est détruit, où que ce soit, les normes morales sont ébranlées, la cohésion sociale est érodée, et la confiance et la résilience sont compromises", il soutient qu'"il est temps de renouveler notre engagement à protéger la culture, pour le passé, le présent et l’avenir de tous les peuples".
D'après l'Unesco, les 39 biens culturels libanais concernés par sa mesure de protection renforcée bénéficient désormais du "niveau de protection juridique le plus élevé contre les attaques et les usages à des fins militaires".
Le non-respect de ces dispositions constituerait, selon l’organisation, "de graves violations de la Convention de La Haye de 1954 et de son Deuxième Protocole de 1999, et pourrait constituer de potentiels motifs de responsabilité pénale".
Concrètement, les sites placés sous protection renforcée recevront une assistance technique et financière de l'Unesco pour "renforcer leur protection juridique, améliorer les mesures d’anticipation et de gestion des risques ainsi que fournir une formation supplémentaire aux professionnels de la culture et au personnel militaire de la zone". La protection renforcée permet également d'"envoyer un signal à l'ensemble de la communauté internationale quant à l'urgence de protéger ces sites", détaille le communiqué.
Cette initiative d’urgence vient compléter l’action déjà entreprise par l'Unesco ces dernières semaines pour protéger le patrimoine culturel dans les pays touchés du Moyen-Orient, fait savoir l'institution onusienne qui affirme travailler, depuis le début des hostilités, en étroite collaboration avec le ministère de la Culture et la direction générale des antiquités du Liban afin d'accompagner la mise en sécurité des collections archéologiques et des musées.
Jusqu’à présent, l'Unesco qui assure également un suivi par satellite des sites historiques et patrimoniaux afin d’évaluer leur état de conservation et les éventuels dommages qu'ils auraient subis, indique avoir pu confirmer des dommages causés dans la ville de Tyr, au Liban, inscrite sur la liste du patrimoine mondial en 1984, ainsi que sur d’autres biens dans des pays voisins.
Tout en se disant prête à fournir une expertise ou une assistance supplémentaires, l'organisation tient, par ailleurs, à rappeler à toutes les parties concernées "leurs obligations de protéger le patrimoine culturel et naturel, y compris en cas de conflit armé".
MAP
Laissez un commentaire
Conditions de publication : Les commentaires ne doivent pas être à caractère diffamatoire ou dénigrant à l'égard de l'auteur, des personnes, des sacralités, des religions ou de Dieu. Ils ne doivent pas non plus comporter des insultes ou des propos incitant à la haine et à la discrimination.