Les mutations profondes d'aujourd'hui mettent à l'épreuve les fondements du droit international des droits de l’homme (Mme Bouayach)

Les mutations profondes d'aujourd'hui mettent à l'épreuve les fondements du droit international des droits de l’homme (Mme Bouayach)

La présidente du Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), Amina Bouayach, a mis en garde, mardi à Genève, contre les profondes transformations que connaît le monde, estimant que ces mutations mettent à l’épreuve les fondements du droit international des droits de l’Homme.

"Le monde traverse une phase de transformation profonde" exposant les principes du droit international des droits de l’Homme à des tests sans précédent, dans un contexte international instable marqué par la multiplication des crises et la complexité des défis liés à la protection des droits fondamentaux, a dit Mme Bouayach, lors de la première assemblée générale qu’elle préside à la tête de l’Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l’Homme (GANHRI).

Mme Bouayach a relevé que le système multilatéral fondé sur les Nations unies, notamment la Déclaration universelle des droits de l’Homme et le corpus du droit international y afférent, fait face à des défis directs affectant les valeurs construites au fil de décennies de coopération internationale.

La présidente de la GANHRI a également souligné que la polarisation géopolitique constitue désormais un facteur majeur d’affaiblissement du multilatéralisme, tout en mettant en lumière le rétrécissement de l’espace civique, la recrudescence des atteintes à l’indépendance des institutions ainsi que les difficultés croissantes d’accès aux mécanismes onusiens.

Par ailleurs, Mme Bouayach a fait état de crises en expansion dans différentes régions du monde, notamment en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe, en Asie et dans les Amériques, déplorant les graves violations des droits de l’Homme enregistrées dans un contexte marqué par le recul des mécanismes internationaux de protection et la marginalisation des principes fondamentaux du droit international.

Malgré ces défis, elle a affirmé que les institutions nationales des droits de l’Homme (INDH) poursuivent leur engagement, y compris dans les zones de crise, à travers la documentation des violations et la défense des droits.

Mme Bouayach a, dans ce sens, souligné que la rencontre de Genève reflète un engagement collectif renouvelé en faveur de la protection et de la promotion des droits de l’Homme à l’échelle mondiale, d’autant plus crucial en période de crise.

Par ailleurs, la présidente de la GANHRI a souligné que la garantie de la durabilité financière de l’Alliance demeure un défi majeur, dans un contexte caractérisé par la reconnaissance croissante du rôle des institutions nationales des droits de l’Homme, la diversification de leurs missions et l’intensification de leurs interventions aux niveaux national, régional et international.

Elle a insisté sur la nécessité de poursuivre les efforts collectifs afin de permettre aux institutions nationales des droits de l’Homme d’assumer pleinement leurs rôles essentiels dans la protection des droits et libertés à l’échelle mondiale.

De leur côté, les participants ont salué les contributions financières du Maroc, aux côtés d’autres partenaires internationaux, estimant que ces initiatives traduisent un engagement clair en faveur du multilatéralisme et du renforcement des capacités des institutions nationales.

Coorganisée avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme, jusqu’au au 1er avril, la réunion annuelle de la GANHRI rassemble plus de 250 représentants d’institutions nationales des droits de l’Homme (INDH), d’agences des Nations unies, d’États et d’organisations de la société civile.

Le programme comprend notamment une réunion du Bureau de l’Alliance, tenue lundi, l’Assemblée générale, les réunions des réseaux régionaux ainsi qu’une série d’événements parallèles et de sessions d’échange de connaissances, notamment sur les droits des personnes en mouvement, en l'occurrence les migrants, les réfugiés, les demandeurs d’asile, les déplacés internes et les apatrides.

La réunion sera marquée, mercredi, par la tenue de la conférence annuelle sous le thème “Le rôle des INDH dans la promotion et la protection des droits humains dans l’espace numérique”. Cette rencontre examinera notamment l’impact de la numérisation sur la jouissance des droits fondamentaux, en abordant des questions liées à la surveillance, à la prise de décision automatisée, à l’intelligence artificielle ainsi qu’aux restrictions à la liberté d’expression et à l’accès à l’information en ligne.

Les travaux de cette réunion annuelle devront être sanctionnés par l’adoption d’une déclaration finale identifiant les priorités d’action des INDH face aux enjeux liés à la numérisation et aux technologies émergentes, en vue de renforcer la coordination aux niveaux national, régional et international.

MAP

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