Les travaux de la 44e réunion du Comité d’experts de la Conférence des ministres africains des finances, de la planification et du développement économique (COM 2026) et de la 58e session de la Commission économique pour l’Afrique des Nations Unies (CEA-ONU) se sont ouverts, samedi à Tanger.
Organisée chaque année, cette conférence réunit des ministres africains, des décideurs politiques, des partenaires au développement, des chercheurs et des représentants du secteur privé afin d’examiner les enjeux économiques et de développement majeurs qui façonneront l’avenir du continent.
Tenue sous le thème “Croissance par l’innovation : exploiter les données et les technologies de pointe au service de la transformation économique de l’Afrique”, la conférence débutera par les travaux du comité d’experts, prévus du 28 au 30 mars, avant la tenue de la session ministérielle (2 et 3 avril).
S’exprimant à cette occasion, l’Ambassadeur, Représentant Permanent du Royaume auprès de l’Union Africaine (UA) et de la CEA, Mohamed Arrouchi, a souligné que la tenue de cette session au Maroc revêt une portée symbolique et historique particulière, coïncidant avec le 66e anniversaire de la deuxième session de la Commission économique pour l’Afrique organisée en 1960 à Tanger, dans un contexte de profondes transformations qu’a connues le continent africain, au cœur de ce que l’on a appelé “l’Année de l’Afrique”, marquée par l’accession à l’indépendance de nombreux pays et par l’émergence des premières visions d’un développement africain autonome.
Il a, dans ce sens, affirmé que le Maroc demeure un partenaire engagé et fidèle de la Commission économique pour l’Afrique depuis sa création en 1958, mettant en avant la contribution du Royaume à plusieurs reprises au renforcement des capacités analytiques de la Commission, à la promotion de l’intégration économique régionale et au partage de son expérience en matière de politiques publiques innovantes.
Cet engagement, a-t-il poursuivi, s’inscrit au cœur de la vision éclairée de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L’assiste, qui place la coopération africaine au centre de la politique étrangère du Royaume, notant que le Maroc, sous la conduite de SM le Roi, n’a cessé de promouvoir la coopération Sud-Sud, d’encourager les investissements intra-africains, de développer des infrastructures régionales durables et de soutenir des projets de transformation numérique et énergétique, contribuant ainsi à la construction d’une Afrique plus résiliente, intégrée et souveraine économiquement.
A travers l’accueil de cette importante session, le Maroc réaffirme sa volonté ferme de contribuer activement aux efforts continentaux visant à réaliser une transformation économique inclusive, durable et porteuse d’avenir, a relevé le diplomate, exprimant son espoir que les travaux de cette session contribueront à consolider une vision africaine commune, à définir des approches innovantes et à lancer des initiatives concrètes pour la prospérité des peuples africains.
Pour sa part, la ministre de l'Economie et des Finances, Nadia Fettah, a noté, dans une allocution lue en son nom, que le choix du thème de cette conférence, axé sur la croissance par l’innovation, revêt une importance particulière dans un contexte international marqué par des transformations profondes liées notamment aux avancées rapides dans les domaines technologique, numérique et de l’innovation.
Elle a, dans ce sens, affirmé que ces transformations représentent, à la fois, un défi et une opportunité majeure pour les économies africaines, offrant des perspectives inédites en matière de développement inclusif, durable et créateur d’emplois, insistant sur la nécessité de repenser les modèles de développement économique, en particulier pour les pays dont les économies reposent encore largement sur les ressources naturelles.
S’agissant de l’expérience marocaine, Mme Fettah a rappelé que le Royaume a fait de l’innovation un pilier central de son modèle de développement, sous la conduite éclairée de SM le Roi Mohammed VI, mettant en avant, dans ce sens, la stratégie “Maroc Digital 2030”, visant à accélérer la transformation numérique du pays, à renforcer son positionnement en tant que hub technologique régional, ainsi qu’à promouvoir la digitalisation des services publics, le développement des compétences numériques et l’appui à l’écosystème des startups.
Elle a, en outre, souligné que l’Afrique se trouve aujourd’hui à un tournant décisif de son développement, appelant à tirer pleinement parti des opportunités offertes par l’innovation, les technologies avancées et les données, afin d’accélérer la transformation économique du continent, exprimant sa conviction que les travaux de cette conférence permettront de dégager des pistes d’action concrètes et de tracer des perspectives communes pour une Afrique plus innovante, plus prospère et plus résiliente.
Quant à la Secrétaire exécutive adjointe de la CEA chargée de l’appui aux programmes, Mama Keita, elle a indiqué que l’innovation, l’accélération de l’exploitation des données et le recours aux technologies de pointe constituent une opportunité importante pour soutenir la transformation économique de l’Afrique et promouvoir une croissance durable et inclusive, relevant toutefois que cette dynamique demeure encore timide.
Elle a relevé que la croissance africaine des dernières décennies, bien qu’en progression, demeure essentiellement portée par l’accumulation des facteurs de production, tandis que la contribution de la productivité reste limitée, mettant ainsi l’accent sur la nécessité de renforcer la productivité totale des facteurs, notamment à travers le progrès technologique, l’amélioration des institutions et une meilleure efficacité économique.
Par ailleurs, Mohamed Tarik Bchir, président du bureau du Comité d'experts sortant et directeur par intérim du trésor et des finances extérieures au ministère de l'Economie et des Finances, a noté que le continent africain enregistre un rebond de sa croissance, avec une progression du PIB réel estimée à 4% en 2025, relevant toutefois que cette dynamique s’accompagne de défis structurels persistants en matière de transformation économique.
Il a insisté sur le caractère stratégique du thème de la session, “la croissance par l’innovation”, qui devient une nécessité face aux vulnérabilités structurelles des économies africaines et à leur forte dépendance vis-à-vis des importations hors continent, appelant dans ce sens à renforcer l’intégration régionale, l’harmonisation des politiques et la mise en place de plateformes communes de recherche et développement afin de bâtir des chaînes de valeur résilientes.
Tout au long des travaux de cette session, les ministres, les gouverneurs des banques centrales, les décideurs politiques, les dirigeants du secteur privé et les partenaires au développement analyseront comment les technologies de pointe, notamment l’Intelligence artificielle, les infrastructures publiques numériques et les systèmes de données avancés, peuvent stimuler la productivité, la diversification économique et la transformation structurelle des économies africaines.
Les discussions aboutiront à des recommandations ministérielles sur la souveraineté numérique, la gouvernance des données, la croissance tirée par l’innovation et l’investissement dans les infrastructures numériques et énergétiques.
MAP
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