Marché de la distribution des médicaments : le Conseil de la concurrence pour une révision du système des prix

Marché de la distribution des médicaments : le Conseil de la concurrence pour une révision du système des prix

Le Conseil de la concurrence préconise une révision en profondeur du système de fixation et de rémunération des prix des médicaments au Maroc, dans le cadre d'un avis sur l'état de la concurrence dans les marchés de la distribution des médicaments.

Le dispositif en vigueur, bien qu'il ait introduit davantage de visibilité et de transparence, pèse aujourd'hui sur la viabilité des acteurs de la distribution des médicaments et sur la compétitivité de la production locale, indique le Conseil dans son avis n° A/6/25, estimant qu'une révision s’impose pour rendre le système plus équitable et mieux adapté aux réalités économiques, en prenant en considération la soutenabilité des marges, la disponibilité des médicaments et la nécessité de soutenir l’industrie nationale.

À cet effet, le conseil préconise de revoir le mode de rémunération des Etablissements Pharmaceutiques Grossistes Répartiteurs (EPGR) en instaurant un modèle hybride associant une marge proportionnelle au Prix Fabricant Hors Taxe (PFHT) et un forfait fixe par unité distribuée, garantissant ainsi une rémunération minimale indépendamment du prix du médicament tout en assurant la pérennité de ce maillon essentiel de la chaîne de distribution et la continuité de l’approvisionnement en médicaments.

En parallèle, le conseil recommande d’introduire un mode de rémunération mixte, pour les pharmacies d’officine, combinant une marge commerciale et des honoraires de dispensation permettant de valoriser l’acte pharmaceutique et de répondre aux objectifs de santé publique.

En outre, le conseil appelle à une revalorisation des marges applicables aux médicaments onéreux relevant des tranches 3 et 4 pour garantir leur disponibilité dans le circuit grossiste, sécuriser leur distribution sur tout le territoire et prévenir les distorsions concurrentielles.

Et d’estimer qu’il importe de différencier clairement le traitement des médicaments importés et de ceux fabriqués localement, dans un contexte où les importations ont atteint plus de 10,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2024 contre environ 1,6 MMDH d’exportations sur la même période conduisant à un déficit commercial de 9 MMDH en 2024.

Par ailleurs, les médicaments dont le PFHT est très faible devraient être exclus du champ des révisions systématiques, leur rôle vital dans la distribution imposant de préserver leur disponibilité et de ne pas fragiliser davantage la situation des acteurs qui en assurent la distribution, indique le Conseil.

Une clause d’exemption pourrait également être introduite en cas de baisse insignifiante, afin d’éviter des ajustements administratifs lourds et couteux, sans réel bénéfice pour les patients ni impact notable sur les dépenses de sante, mais susceptibles de perturber l’équilibre économique des acteurs.

En outre, le Conseil recommande de revoir les modalités de révision des prix des médicaments en réduisant la périodicité de cinq à trois ans et en harmonisant les méthodes appliquées, ce qui permettrait de renforcer la cohérence et de réduire les écarts de prix constates entre le marché marocain et les marchés étrangers.

Aussi, le Conseil estime opportun de libéraliser les prix des médicaments non remboursables, dits de confort, en laissant la concurrence et le libre jeu du marché réguler leur prix, conformément aux pratiques adoptées dans plusieurs pays comparables.

MAP

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