ONU: La justice pour les femmes, "pilier du monde que nous voulons" (Antonio Guterres)

ONU: La justice pour les femmes, "pilier du monde que nous voulons" (Antonio Guterres)

À un moment où l'accès des femmes et des filles à la justice demeure limité dans plusieurs parties du monde, la justice pour la gent féminine doit être "l’un des piliers du monde que nous entendons construire", a affirmé, lundi à New York, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres.

Le chef de l’ONU, qui s’exprimait lors de la cérémonie d’ouverture de la 70è session de la Commission de la condition de la femme (CSW70), a souligné que l’égalité constitue le “fondement du progrès”, comme l’affirment la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et le Programme d’action de Beijing +30.

Cette cérémonie s'est déroulée en présence notamment de la ministre de la Solidarité, de l'Insertion sociale et de la Famille, Naima Ben Yahia, qui conduit la délégation du Maroc à cet événement, ainsi que de l'ambassadeur représentant permanent du Royaume auprès de l'ONU, Omar Hilale et du Wali coordonnateur national de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), Mohammed Dardouri.

La Commission braque les projecteurs cette année sur les moyens de garantir et de renforcer l’accès de toutes les femmes et de toutes les filles à la justice, notamment à travers la promotion des systèmes juridiques inclusifs et équitables et l’élimination des lois, politiques et pratiques discriminatoires, ainsi que des obstacles structurels. Il s’agit aussi de souligner l’importance de promouvoir la participation pleine et effective des femmes à la prise de décisions dans la sphère publique et de lutter contre la violence, en vue d’atteindre l’égalité des sexes et l’autonomisation.

Se félicitant des progrès réalisés à travers le monde en faveur de l'autonomisation des femmes, le Secrétaire général de l'ONU a toutefois déploré l'existence d'obstacles et de lacunes, notamment en matière d’opportunités offertes, d’application des lois et d’accès à la justice.

D’après l’ONU, les femmes n’ont que 64% des droits légaux dont jouissent les hommes. Un écart “structurel, et non accidentel”, qui limite les perspectives des femmes dans toutes les sociétés, a regretté le chef de l’ONU.

Pour redresser cette situation, M. Guterres a identifié plusieurs domaines d’action prioritaires pour la justice, à commencer par le développement durable. Pour lui, la justice constitue le “moteur du développement durable”, soulignant que lorsque les femmes et les filles peuvent revendiquer leurs droits, “c’est toute la société qui progresse”.

En revanche, a-t-il fait remarquer, lorsque les systèmes judiciaires manquent à leurs obligations envers les femmes, “les inégalités se transforment en pauvreté et le développement s’enlise”.

La justice est également le “socle” de la paix et de la sécurité, car, a affirmé le SG de l’ONU, lorsque les femmes sont véritablement associées aux processus de paix, “les accords durent plus longtemps et les sociétés se rétablissent plus profondément”.

Le troisième domaine d’action concerne les droits humains et la dignité humaine. Si les droits des femmes ne sont pas garantis devant la justice, “les droits humains de toutes et de tous sont bafoués”, a-t-il expliqué.

Il a, en outre, jugé la justice “indispensable” à un avenir sûr et inclusif dans l’espace numérique, l’un des secteurs “les plus puissants au monde”, soulignant l’importance croissante de l’intelligence artificielle.

Déplorant l’influence du patriarcat dans les "Silicon Valley" du monde entier, le chef de l’ONU a prévenu que lorsque les femmes ne participent pas à la conception des systèmes numériques, la discrimination devient une valeur par défaut des algorithmes, et l’intelligence artificielle creuse les inégalités au lieu de les corriger.

M. Guterres a, par ailleurs, souligné l’importance de la justice pour les femmes dans l’action climatique, affirmant que les femmes et les filles sont les plus touchées par les effets dévastateurs du changement climatique.

Selon lui, la contribution des femmes à l’élaboration de stratégies d’adaptation, à la protection des écosystèmes et à la définition des politiques climatiques rend les interventions “plus justes et plus efficaces”.

Même son de cloche chez la présidente de l’Assemblée générale de l’ONU, Annalena Baerbock, pour qui la lutte pour les droits des femmes est intrinsèquement liée à lutte pour la justice elle-même.

“Il n'est plus nécessaire de débattre de l'importance des droits des femmes. Les faits sont clairs”, a-t-elle relevé, notant que la vraie question qui s'impose est de savoir pourquoi les engagements pris ne se concrétisent pas. A son avis, "le progrès n'est pas impossible. C’est un choix politique. C'est un leadership actif. C'est la justice en action".

La présente session de la Commission de la condition de la femme de l'ONU (09-19 mars), à laquelle participent des représentants des États membres, des entités onusiennes et des ONG accréditées, sera marquée notamment par une discussion générale, des tables rondes ministérielles et des événements interactifs et parallèles.

MAP

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