L’ère numérique offre des opportunités précieuses pour la consécration des droits au service public en favorisant la transparence, l'intégrité des procédures et la facilité d'accès à l'information, a indiqué jeudi à Rabat le Médiateur du Royaume, Hassan Tariq.
Lors d'une rencontre organisée par l’Institution du Médiateur du Royaume, en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, sur le thème "Les droits au service public à l’ère du numérique", M. Tariq a affirmé que l’ère du digital permet également de simplifier les procédures administratives et de rapprocher les services grâce à un accès facile aux plateformes numériques, tout en réduisant les coûts et les délais et en favorisant une gestion respectueuse de l'environnement.
La mission constitutionnelle de l'Institution du Médiateur du Royaume, tant dans son volet relatif à la protection des droits que dans sa dimension liée au renforcement de la bonne gouvernance, exige une approche méthodique de la transformation numérique, fondée sur la défense des droits des usagers des services publics, a-t-il fait observer.
Malgré son importance, la numérisation ne constitue pas nécessairement un remède automatique aux dysfonctionnements territoriaux, économiques et éducatifs, a-t-il estimé, appelant à prendre en considération ce qu’il a qualifié de "marges du monde numérique ou d'"espaces de vulnérabilité digitale", englobant notamment les personnes âgées, non scolarisées ou encore celles en situation de handicap. Relevant que l’ouverture de l’administration aux technologies modernes et à l’intelligence artificielle accentue le défi éthique auquel elle est confrontée, M. Tariq a affirmé que l’IA tend à promouvoir une expérience de service public dépourvue de dimension humaine et d’empathie. Si ce nouvel univers peut signifier la fin de la corruption, de l’abus de pouvoir et du favoritisme, il peut aussi entraîner la disparition de la conscience professionnelle, de l’équité administrative et de l’éthique de responsabilité, a-t-il noté.
De son côté, la cheffe de l'Unité des études et des rapports à l’Institution du Médiateur du Royaume, Najoua Achergui, a indiqué que la transformation numérique constitue un levier essentiel pour moderniser l’administration et améliorer sa performance, mettant en avant les progrès notables réalisés ainsi que les étapes importantes franchies en matière de numérisation des services et d’amélioration de leur qualité. D'après Mme Achergui, la question des droits au service public à l’ère numérique s’impose désormais comme un champ émergent, étroitement lié au cadre plus large des droits de l’Homme, en particulier dans sa dimension relative à l’administration numérique.
Pour sa part, la représentante de la Fondation Friedrich Naumann pour la liberté, Chaimae Bourjij, a relevé que l’examen des droits au service public à l’aune de la transformation numérique renvoie directement au principe d’inclusion numérique et redéfinit la relation entre le citoyen et l’administration.
Elle a, en outre, insisté sur la nécessité de garantir l’égalité d’accès, la protection des libertés dans l’espace numérique ainsi que la préservation de la vie privée et des données à caractère personnel.
Cette rencontre, la première d’une série d'événements organisés à l’occasion du 25e anniversaire de la création du Diwan Al Madhalim, a été marquée par la participation d’experts et de chercheurs spécialisés en administration et en transformation digitale, dans le cadre de la célébration de 2026 en tant qu’"Année de la médiation administrative".
MAP
L'ère numérique offre de précieuses opportunités pour consacrer les droits au service public (Médiateur du Royaume)
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