L'Université Euro-Méditerranéenne de Fès (UEMF) et l’Institut Cervantes de Fès ont mis en avant, mercredi à Fès, l’importance de promouvoir la pleine et égale participation des femmes et des filles aux sciences, ainsi que le rôle déterminant d’une éducation précoce dans la consolidation d’une culture de paix durable.
Cet appel a été au cœur d’une conférence organisée à l’UEMF autour de l’accès des femmes et des filles aux disciplines scientifiques et l’éducation des enfants comme levier de stabilité et de cohésion sociale.
Initiée par l’Institut Cervantes de Fès, en collaboration avec l’UEMF, à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science célébrée le 11 février, cette rencontre a mis en lumière les contributions des femmes dans les sphères scientifique, académique et de la recherche, tout en abordant les obstacles rencontrés au cours de leurs parcours et l’importance d’un environnement éducatif, notamment familial, favorable à l’émergence de sociétés pacifiques et inclusives.
S'exprimant à cette occasion, la professeure Majda Nniya Berdai a souligné que l’éducation de l’enfant, en particulier entre l’âge de 2 et 6 ans, constitue une étape déterminante dans la formation d’individus équilibrés, moins enclins à la simplification excessive des idées et, par conséquent, moins vulnérables aux discours de radicalisation.
Elle a expliqué que cette approche repose sur l’acceptation de l’enfant tel qu’il est, la compréhension des spécificités de son développement cognitif et émotionnel, ainsi que l’usage d’un langage et de pratiques éducatives positives favorisant la confiance et l’estime de soi.
Mme Nniya a également mis en garde contre les effets néfastes des humiliations, des jugements dévalorisants ou des méthodes éducatives coercitives, susceptibles de générer des complexes et des troubles dans la construction de la personnalité, soulignant qu’une éducation bienveillante et adaptée permet de former des adultes équilibrés, capables d’esprit critique et d’ouverture, condition essentielle pour bâtir des sociétés pacifiques et résilientes face aux dérives idéologiques.
De son côté, la vice-présidente en charge des affaires académiques et culturelles à l’UEMF, Khadija Essafi a partagé son expérience dans les domaines scientifiques et technologiques, mettant en lumière les contributions des femmes à la recherche et à l’enseignement supérieur, tout en insistant sur l’importance d’encourager leur participation active dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques.
Dans une déclaration à la MAP, Mme Essafi a indiqué que l’organisation de cette conférence s’inscrit dans le cadre d’une collaboration liant l’Université à l’Institut Cervantes de Fès, à travers une convention-cadre couvrant plusieurs volets, notamment la formation, la recherche et les activités culturelles.
Elle a précisé que cette coopération a permis l’organisation d’une conférence consacrée à la notion de paix, appréhendée au-delà de sa dimension politique, comme un processus qui se construit dès l’enfance et se développe à travers l’adolescence jusqu’à l’âge adulte, soulignant que l’équilibre de l’enfant constitue le fondement d’une société équilibrée et prospère.
Pour sa part, le directeur de l’Institut Cervantes de Fès, Óscar Pujol Riembau, a indiqué que la conférence organisée à l’Université Euromed de Fès sur la femme et la fille dans la science, autour du rôle de la paix et de l’éducation, s’inscrit dans la commémoration de la Journée internationale de la femme et de la fille de science, célébrée le 11 février depuis 2015 à l’initiative de l’UNESCO.
Il a précisé que cette initiative est déployée dans 18 villes à travers le monde, notamment New York, Paris, Manchester, Fès, Chicago, Naples et Le Caire, dans le but de célébrer les réalisations scientifiques des femmes, souvent insuffisamment reconnues, et de sensibiliser à la nécessaire articulation entre science et égalité des sexes.
Rappelant que moins d’un tiers des chercheurs dans le monde sont des femmes, en particulier dans les domaines des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, il a souligné que cette sous-représentation relève davantage de constructions sociales que de facteurs biologiques, relevant qu’il n’existe aucune moindre capacité scientifique chez les femmes.
Il a ajouté que l’Institut Cervantes, en partenariat avec l’UNESCO et l’UEMF, entend faire de cette semaine de célébration une fenêtre ouverte vers un avenir où les femmes contribuent pleinement et activement au développement de l’humanité.
MAP
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