La révolution numérique transforme profondément le langage du cinéma, a soutenu, samedi à Marrakech, l’acteur et réalisateur égyptien, Hussein Fahmi.
Dans un entretien accordé à la MAP en marge de la 22e édition du Festival International du Film de Marrakech, la star égyptienne a relevé que l’artiste d’aujourd’hui se retrouve confronté à de grands défis avec l’essor d’Internet, des smartphones et des nouvelles hautes technologies, notant que le monde technologique évolue à grande vitesse et que le cinéma n’échappe pas à ces transformations.
L’apparition des plateformes de visionnage de films a profondément modifié les habitudes du public, a également fait valoir celui qui a travaillé dans l’industrie du cinéma et de la télévision pendant plus de 50 ans, regrettant qu’autrefois on devait se rendre dans les salles de cinéma, alors qu’aujourd’hui il suffit de sortir son téléphone pour regarder un film.
M. Fahmi a souligné que ces changements ont bouleversé le cadre de travail des cinéastes et que les réalisateurs, producteurs et acteurs doivent désormais s’adapter à de nouveaux formats, de nouveaux rythmes de production et à un public constamment sollicité par une multitude de contenus.
Le véritable défi est aussi d’ordre humain puisque par le passé, les œuvres étaient plus centrées sur l’être humain et permettaient de vivre intensément, avec l’acteur, toutes les nuances de l’émotion, a-t-il, par ailleurs, fait observer.
Aujourd’hui ce lien s’est en partie distendu, a poursuivi l’acteur égyptien, notant qu’une distance s’est créée à cause des multiples productions qui ne respectent plus toujours la dimension humaine, au point que le spectateur ne ressent plus la même intensité d’émotions qu’autrefois.
Hussein Fahmi a joué dans une série de films très célèbres tels que “Les frères ennemis”, “La balle est toujours dans ma poche”, “Attention messieurs!”, “Princesse de mon cœur”, “Nuit et désir”, “La nuit où la lune a pleuré”, “La course des monstres” et “Le jeu des grands”.
Sa position éminente dans les milieux artistique et culturel lui a valu le poste de président du Festival international du film du Caire.
MAP