Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a appelé, mercredi à Genève, à une accélération des systèmes d’alertes précoces, soulignant qu’aucun pays n’est à l’abri des impacts dévastateurs des phénomènes climatiques extrêmes.
Dans son discours devant le Congrès extraordinaire de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), organisé en célébration de son 75e anniversaire, M. Guterres a salué l’organisation pour son rôle essentiel en tant que “baromètre de la vérité”, fournissant des données et des informations fiables qui sauvent des vies et préservent des économies.
“Sans votre modélisation rigoureuse et vos prévisions, nous ne saurions pas ce qui nous attend ni comment nous y préparer”, a-t-il déclaré devant une salle comble.
“Sans vos systèmes de surveillance à long terme, nous ne bénéficierions pas des avertissements et des conseils qui protègent les communautés et sauvent chaque année des millions de vies et des milliards de dollars”, a-t-il ajouté.
L’OMM joue un rôle crucial dans l’initiative “Early Warnings for All”, lancée par le SG de l’ONU en 2022 et visant à garantir que d’ici 2027, toutes les personnes sur la planète bénéficieront d’alertes précoces contre les catastrophes.
La Secrétaire générale de l’OMM, Celeste Saulo, a, pour sa part, souligné que “cette mission n’a jamais été aussi urgente”, tout en mettant en lumière les opportunités offertes par les avancées technologiques pour construire un avenir plus résilient.
Le Congrès a également mis l’accent sur l’importance d’investir dans les systèmes d’alerte. Selon l’OMM, chaque dollar investi dans les alertes précoces peut permettre d’économiser jusqu’à 15 dollars en réduisant les impacts des catastrophes. Le rapport insiste sur la nécessité d’une meilleure coordination des données mondiales, d’un financement durable et d’une coopération scientifique internationale.
Depuis le lancement de l’initiative, des progrès considérables ont été réalisés. En 2024, 108 pays avaient déjà développé des systèmes d’alertes multi-risques, soit plus du double des 52 pays en 2015.
Cependant, de grandes lacunes demeurent, en particulier dans les pays en développement où la mortalité due aux catastrophes est six fois plus élevée et où le nombre de personnes affectées est quatre fois supérieur à celui des pays disposant de tels systèmes.
M. Guterres a identifié trois axes prioritaires pour atteindre l’objectif d’alertes pour tous : l’intégration des systèmes d’alerte dans les politiques nationales, l’augmentation du financement pour les pays en développement, et des actions climatiques ambitieuses alignées sur l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°C.
Le Président de l’OMM, Abdulla al Mandous, a salué le leadership de M. Guterres en matière de systèmes d’alertes précoces, soulignant que son plaidoyer a permis de les inscrire au cœur des accords internationaux, les reconnaissant désormais comme des solutions à la fois rentables et essentielles pour la réduction des risques climatiques.
À l’occasion de cette session interactive, les présidents des associations régionales de l’OMM ont pris la parole, ainsi que des représentants des partenaires clés de l’initiative Early Warnings for All, dont le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe (UNDRR), l’Union internationale des télécommunications (UIT) et la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR). Ensemble, ils ont réaffirmé leur engagement à renforcer les capacités mondiales face aux dangers climatiques croissants et à ne laisser personne de côté dans la protection contre les catastrophes naturelles.
Le Maroc a été représenté à ce Congrès, organisé du 20 au 23 octobre, par une délégation de la Direction générale de la Météorologie (DGM), conduite par son Directeur général, Mohamed Dkhissi.
MAP