Le ministre de l’Industrie et du Commerce, M. Ryad Mezzour, a affirmé, mardi à Genève, que le Maroc incarne parfaitement le “régionalisme ouvert et compétitif”, un modèle économique qui allie ouverture commerciale et partenariats régionaux et internationaux pour offrir une réponse stratégique à l’incertitude des politiques commerciales mondiales.
Le Maroc illustre ce modèle grâce à ses accords de libre-échange avec une centaine de pays à travers le monde, a précisé M. Mezzour, qui s’exprimait lors d’un panel sur le thème : “le régionalisme comme réponse à l’incertitude des politiques commerciales”, organisé dans le cadre de la 16e session de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED16).
“Nous avons des accords avec l’Afrique, le monde arabe, l’Union Européenne, les États-Unis, la Turquie…, le Maroc est un acteur majeur de ce ‘régionalisme ouvert’, prêt à consolider son positionnement géostratégique pour accéder à de nouveaux marchés et renforcer sa compétitivité, a-t-il déclaré.
Selon le ministre, cette stratégie d’ouverture ne permet pas seulement d’anticiper l’avenir, mais surtout de se préparer aux incertitudes et éventuelles perturbations à travers le renforcement de la compétitivité et l’innovation de ses entreprises. “L’ouverture, la concurrence et l’accès à de nouveaux marchés nous rendent plus forts. C’est comme jouer en Coupe du Monde : il faut être prêt à affronter les meilleures équipes pour réussir”, a-t-il expliqué.
M. Mezzour a également évoqué la vision de SM le Roi Mohammed VI en faveur d’une Afrique intégrée, prospère et résiliente, notamment à travers des initiatives concrètes dans des projets structurants en matière d’infrastructures, d’énergies renouvelables et d’intégration régionale.
“Nous ne nous contentons pas de signer des accords, nous construisons des ponts qui connectent notre continent au reste du monde”, a-t-il souligné.
Dans son allocution d’ouverture de ce panel, la Secrétaire générale de la CNUCED, Rebeca Grynspan, a souligné l’importance croissante du régionalisme en réponse à l’incertitude qui pèse sur le commerce mondial.
Elle a mis en évidence la prolifération des mesures commerciales unilatérales, qui sont passées de 190 par an il y a une décennie à 1.200 entre 2020 et 2024, aux effets déstabilisateurs sur les principes fondamentaux du commerce international.
Cette volatilité, a-t-elle estimé, touche particulièrement les pays en développement, qui disposent de moins de moyens pour s’adapter rapidement, et affecte les petites entreprises, en réduisant les opportunités d’exportation, la confiance des investisseurs et la création d’emplois.
Face à ce contexte, Mme Grynspan a défendu le concept de “régionalisme ouvert” comme voie pragmatique et inclusive pour renforcer la résilience économique, soulignant que ce paradigme ne vise pas à se détourner du système multilatéral, mais à le compléter.
MAP